La question du génie d'Elon Musk continue d'animer les cercles économiques et technologiques. Jean-Baptiste Huet et Anthony Morel ont débattu de ce sujet le 12 juin, en confrontant les succès passés de l'entrepreneur aux échecs plus récents de certaines de ses entreprises.
Les deux intervenants ont abordé les multiples facettes de l'homme d'affaires, dont les projets couvrent aussi bien l'automobile électrique avec Tesla que l'exploration spatiale via SpaceX, en passant par les réseaux sociaux avec X (anciennement Twitter) et l'intelligence artificielle avec xAI.
Un bilan contrasté
Si le lancement réussi de la fusée Starship par SpaceX a été cité comme une réussite technique indéniable, la gestion de Twitter depuis son rachat en 2022 a été présentée comme plus problématique. Les décisions de licenciements massifs et les changements radicaux dans la modération des contenus ont suscité de vives critiques.
Anthony Morel a soutenu que l'innovation chez SpaceX et Tesla restait « phénoménale », tandis que Jean-Baptiste Huet a nuancé ce constat en évoquant les promesses non tenues sur la conduite autonome et les retards de production du Cybertruck. « Il y a une part de bluff dans la communication de Musk », a estimé ce dernier, citant des objectifs systématiquement repoussés.
Starship, Tesla et la pression des investisseurs
Le débat a également porté sur la pression croissante exercée par les actionnaires de Tesla, inquiets de la baisse des ventes et de la dispersion des activités du PDG. La question de l'introduction en bourse de SpaceX a été évoquée comme un test de la confiance des marchés envers la marque.
Les deux experts ont convenu que le statut de « génie » attribué à Elon Musk relevait autant de ses réalisations techniques que de sa capacité à créer un récit autour de ses entreprises, mais que l'ère de l'infaillibilité semblait révolue.