Les autorités japonaises ont ouvert une enquête pour pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des glaces. Six entreprises majeures du pays ont été perquisitionnées ces derniers jours par la Commission japonaise du commerce équitable (JFTC), qui les soupçonne d’avoir formé une entente illicite afin d’augmenter le prix des desserts glacés de manière coordonnée.

Parmi les sociétés concernées figurent Meiji, Morinaga Milk Industry, Lotte, Morinaga, Ezaki Glico et Akagi Nyugyo. Selon des informations rapportées par des médias nippons, ces groupes auraient procédé à plusieurs reprises à des hausses de prix comprises entre 5 et 10 % sur une période de plusieurs années, sans que celles-ci ne soient justifiées par la seule évolution du coût des matières premières.

Des perquisitions menées sans communiqué officiel

La JFTC a indiqué qu’elle ne publierait aucun communiqué concernant cette enquête. Les perquisitions se sont déroulées mardi, et plusieurs des entreprises visées ont confirmé les faits dans des déclarations publiques. Meiji a ainsi reconnu avoir fait l’objet d’une « inspection sur place » de la part de la Commission, dans le cadre d’une enquête portant sur « la fixation des prix de vente des glaces et autres produits ». Le groupe a assuré prendre « cette inspection très au sérieux » et promis de coopérer pleinement avec les investigations.

De son côté, Ezaki Glico a déclaré qu’elle répondrait « de bonne foi » aux demandes de la Commission. Morinaga Milk a également annoncé sa volonté de collaborer avec les autorités. Les autres entreprises n’ont pas encore fait connaître leur position.

Un contexte de chaleur extrême

L’enquête intervient dans un contexte climatique sensible. Le Japon a connu en 2025 son été le plus chaud jamais enregistré, et les prévisions pour la saison à venir sont tout aussi alarmantes. Au début de l’année, le gouvernement japonais avait d’ailleurs officialisé un nouveau terme pour qualifier les journées où la température atteint ou dépasse 40 degrés Celsius, traduit par « jour cruellement chaud » ou « jour d’une chaleur brutale ». Une telle canicule pourrait accroître la demande de glaces, rendant d’autant plus sensibles les soupçons de hausse artificielle des prix.

Les conséquences économiques potentielles

Si les faits étaient établis, les entreprises concernées s’exposeraient à des sanctions pouvant aller jusqu’à des amendes substantielles et une obligation de modifier leurs pratiques commerciales. Les desserts glacés sont largement distribués dans les supermarchés et les konbini (supérettes) de l’archipel, touchant ainsi une grande partie des consommateurs. L’enquête pourrait donc avoir un impact notable sur le marché de la glace au Japon, un secteur très concurrentiel où les marges sont souvent serrées.

Les autorités n’ont pas précisé la durée probable de l’enquête, mais les premières conclusions pourraient être rendues publiques dans les mois à venir. En attendant, les entreprises perquisitionnées continuent leurs activités sous le contrôle des enquêteurs.