Le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire à la suite de la réception, par plusieurs députés noirs de La France insoumise (LFI), d’un courrier anonyme au contenu ouvertement raciste. L’envoi, dont le motif s’inspire de l’album « Tintin au Congo » d’Hergé, a été signalé aux autorités dans la journée du 5 juin.

Un courrier au ton haineux

Les élus ciblés ont reçu un pli unique, posté depuis la région parisienne, dont l’enveloppe et le contenu reprennent des éléments visuels et textuels de l’œuvre controversée. À l’intérieur, un message rédigé en français mêlait insultes raciales et références à la période coloniale. Aucune revendication n’a été formulée, et l’expéditeur n’a pas été identifié dans l’immédiat.

Une procédure judiciaire engagée

Les faits ont été portés à la connaissance du procureur de la République de Paris, qui a confié les investigations à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). L’infraction poursuivie est celle de « provocation à la haine raciale » et d’« injure publique en raison de l’origine, l’ethnie ou la race ». Les enquêteurs exploitent les éléments matériels du courrier et les éventuelles traces ADN ou papillaires.

Des députés sous protection

Les destinataires, dont les noms n’ont pas été officiellement divulgués par mesure de protection, ont déposé plainte. Leurs assistants et les services de sécurité de l’Assemblée nationale ont été alertés. Plusieurs responsables politiques de la majorité et de l’opposition ont condamné ces agissements, y voyant une « escalade dans la violence verbale ».

Un climat politique tendu

Cet incident s’inscrit dans un contexte de multiplication des actes racistes envers des personnalités publiques. Depuis le début de l’année, plusieurs parlementaires issus de minorités visibles ont signalé des menaces ou des propos haineux, souvent relayés sur les réseaux sociaux. L’ouverture de cette enquête vise à dissuader d’éventuels imitateurs et à rappeler que la liberté d’expression ne saurait couvrir les appels à la haine.

Réactions politiques

La direction de La France insoumise a exprimé son « soutien total aux collègues visés » et a salué leur décision de saisir la justice. Au sein de l’hémicycle, plusieurs élus de tous bords ont demandé une réponse « ferme et rapide » des institutions. Le président de l’Assemblée nationale a chargé le service de sécurité de renforcer la vigilance autour des bureaux des députés concernés.

Vers une identification des auteurs ?

Les investigations en cours devraient permettre, via l’analyse du courrier et de son affranchissement, de remonter jusqu’à l’expéditeur. La police scientifique a été saisie pour expertiser les documents. En parallèle, la plateforme PHAROS, qui recueille les signalements de contenus illicites en ligne, a été sollicitée pour détecter d’éventuelles publications similaires.