Un verdict de culpabilité pour infanticide
La justice britannique a rendu son verdict. Jamie Varley, 37 ans, professeur de profession, a été reconnu coupable de meurtre et d’agressions sexuelles sur Preston Davey, un nourrisson de 13 mois qu’il avait adopté avec son partenaire. Le jugement a été prononcé à l’issue d’un procès qui s’est tenu devant la Crown Court de Preston, dans le nord-ouest de l’Angleterre.
L’enfant, prénommé Preston, est décédé le 27 juillet 2023. Ce jour-là, Varley l’avait amené en urgence à l’hôpital en affirmant l’avoir laissé quelques minutes seul dans un bain, avant de le retrouver immergé. Les secours n’avaient pu ranimer le bébé.
Mais les investigations médico-légales ont rapidement contredit cette version. L’autopsie, menée par le Home Office, a exclu la noyade comme cause du décès. Selon les experts, l’enfant a succombé à une obstruction aiguë des voies respiratoires supérieures, provoquée par l’introduction d’un ou plusieurs objets dans sa bouche. À cette découverte s’est ajouté un constat accablant : le corps du petit garçon portait 40 blessures traumatiques.
Un calvaire de quatre mois
Preston Davey était né en juin 2022. Placé chez des assistants familiaux dès l’âge de cinq jours, il y était resté pendant les dix premiers mois de sa vie. En avril 2023, alors qu’il avait neuf mois, il avait été confié à Jamie Varley et John McGowan-Fazakerley, un responsable commercial de 32 ans, après que le couple eut été agréé pour l’adoption.
Le procès a révélé que, pendant les quatre mois passés sous leur toit, Preston a été victime de mauvais traitements quotidiens, d’agressions physiques et sexuelles, ainsi que de prises de clichés et de vidéos indécents. À trois reprises avant sa mort, l’enfant avait été conduit à l’hôpital Victoria de Blackpool pour des hématomes suspects. Le personnel médical avait alors noté ces lésions, mais les explications fournies par les adoptants avaient été acceptées. Plusieurs travailleurs sociaux avaient également été en contact avec la famille durant cette période sans que la situation ne soit détectée.
Les réactions au verdict
Au moment de la lecture des 29 chefs d’accusation retenus, Varley, dans le box, a porté les mains à son visage avant de s’effondrer, pris de nausées et de vomissements. Son compagnon, John McGowan-Fazakerley, n’a montré aucune réaction visible, tandis que son père, présent dans la salle, a hoché la tête en signe de dénégation.
McGowan-Fazakerley a été déclaré coupable d’agression sexuelle, de cruauté envers enfant et d’homicide par imprudence. Les deux hommes seront condamnés le jeudi suivant la publication du verdict.
L’enquête a été saluée par les autorités. L’inspecteur-détective en chef Andy Fallows a qualifié les deux accusés de « mal absolu », ajoutant que « dès le premier jour, ils se sont employés à abuser de Preston et à faire de sa courte vie un récit déchirant de misère et de douleur. Pendant les neuf premiers mois de sa vie, Preston était un enfant heureux et en bonne santé, mais à la fin, il n’était plus qu’une coquille brisée. Cela est dû aux actes sordides et diaboliques de Varley et McGowan-Fazakerley. »
De son côté, Karen Tonge, représentante du Crown Prosecution Service (service des poursuites pénales), a souligné la gravité des faits.
Le passé de la mère biologique
Le dossier a également mis en lumière le parcours familial de l’enfant. La mère biologique de Preston, Sarah Davey, aujourd’hui âgée de 42 ans, avait été incarcérée à l’âge de 14 ans pour le meurtre d’une retraitée vulnérable en 1998. Depuis lors, elle avait connu plusieurs séjours en prison. La mère et la grand-mère de Preston ont sangloté tout au long de l’audience.
Un procès emblématique
Cette affaire a suscité une vive émotion au Royaume-Uni, tant par la nature des sévices infligés à un très jeune enfant que par le profil des auteurs, un enseignant et un cadre, en apparence insérés socialement. Le verdict intervient alors que le système de protection de l’enfance est de nouveau interrogé sur sa capacité à détecter les situations de danger au sein des foyers adoptifs.