L’enquête ouverte en Espagne autour de l’ex-président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero connaît un tournant. Les investigations, qui portaient initialement sur des soupçons de fraude fiscale après la découverte d’un coffre contenant des bijoux estimés à 1,2 million d’euros, s’étendent désormais à un réseau international de trafic d’influence. Les deux filles de l’ancien dirigeant socialiste se retrouvent mises en cause dans la procédure.

Selon les éléments judiciaires rendus publics le 18 juin, les magistrats chargés du dossier ont élargi le périmètre des perquisitions et des saisies. Les descendants de l’ancien chef de l’exécutif sont soupçonnées d’avoir bénéficié de flux financiers et de biens de valeur en lien avec des prises de décision politique passées. Leurs noms apparaissent dans des documents comptables saisis lors des perquisitions réalisées au domicile familial et dans plusieurs sociétés écrans.

Découverte de 1,2 million d’euros en bijoux

L’affaire a débuté le 12 juin, lorsqu’une perquisition menée par la Guardia Civil a permis de découvrir, dans un coffre-fort attribué à Zapatero, un lot de bijoux et de montres de luxe dont la valeur totale a été évaluée à 1,2 million d’euros par les experts. Cette trouvaille a immédiatement suscité des interrogations sur l’origine des fonds ayant permis ces acquisitions. Le parquet antigang et le parquet financier ont ouvert une enquête préliminaire pour fraude fiscale et blanchiment d’argent.

Les enquêteurs supposent que ces objets précieux proviendraient de rémunérations versées par des intermédiaires agissant pour le compte de gouvernements étrangers. Le réseau international de trafic d’influence mis au jour impliquerait des transferts de fonds transitant par plusieurs places financières, notamment aux Émirats arabes unis et en Amérique latine, en échange d’interventions politiques de l’ancien Premier ministre en fonction.

Des proches et des sociétés offshore visés

Les investigations ont permis d’identifier une série de sociétés offshore contrôlées par des proches de l’ex-dirigeant. Des avocats et des conseillers financiers sont également entendus comme témoins assistés. Les deux filles de Zapatero, qui travaillent dans le secteur des relations publiques et des affaires internationales, sont suspectées d’avoir servi de prête-noms ou d’intermédiaires pour dissimuler des commissions.

Le juge d’instruction a ordonné le gel de plusieurs comptes bancaires et la saisie de biens immobiliers en Espagne. Il a également demandé à l’unité de coopération internationale d’Interpol de recueillir des informations auprès des autorités judiciaires de plusieurs pays.

Zapatero nie toute infraction

L’ancien chef du gouvernement, qui a exercé ses fonctions de 2004 à 2011, a contesté les accusations par l’intermédiaire de son avocat. Il affirme que les bijoux et les comptes sont le fruit d’économies personnelles et d’héritages familiaux. Ses filles ont également rejeté les soupçons, assurant n’avoir jamais participé à des activités illicites.

Cependant, les éléments recueillis par les enquêteurs suggèrent que le montant des transferts en provenance de l’étranger dépasse largement les revenus déclarés par la famille. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’étendue exacte du réseau et le rôle de chacun.