Des explosions et des tirs d'armes à feu ont retenti jeudi 18 juin à l'aube à l'aéroport international de Niamey, la capitale du Niger, selon des habitants et des témoins sur place. Les faits se sont produits à partir de 6 heures, heure locale (5 heures GMT). Un riverain joint par téléphone a indiqué avoir perçu les premières détonations à cette heure et précisé que les tirs émanaient de la grande porte d'entrée de l'aéroport. Un autre habitant du secteur a confirmé que les coups de feu provenaient de l'entrée principale. La zone a été rapidement bouclée par les forces de sécurité.

Selon une source sécuritaire, l'aéroport de Niamey semblait être la cible directe de cette offensive. Un témoin de l'agence Reuters a rapporté que des tirs sporadiques étaient encore audibles près de deux heures après les premières explosions. Aucune revendication n'a été formulée dans l'immédiat, et le porte-parole du gouvernement nigérien n'a pas répondu aux sollicitations pour commenter la situation.

Un nouveau coup de force dans un contexte sécuritaire fragile

Cet incident intervient moins de cinq mois après une attaque d'une envergure similaire sur le même aéroport et sa base militaire attenante, fin janvier. Cette précédente offensive avait été revendiquée par la branche régionale du groupe État islamique (EI). L'armée nigérienne, appuyée par ses partenaires russes, avait finalement repoussé l'assaut. Selon les autorités de l'époque, l'attaque avait fait quatre blessés et causé d'importants dégâts matériels. Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d'État de juillet 2023, avait alors reconnu une « faille dans le dispositif » ayant permis l'opération, dont l'objectif, selon lui, était de détruire l'ensemble des capacités aériennes de l'armée.

Des mesures de sécurité renforcées

À la suite de l'attaque de janvier, les autorités nigériennes avaient pris des mesures drastiques pour sécuriser le périmètre. Une vaste campagne de destruction de quartiers informels situés à proximité de l'aéroport avait été lancée, les autorités affirmant que ce secteur avait été infiltré par des djihadistes pour mener leur action. Par ailleurs, le mur d'enceinte de l'aéroport a été allongé et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l'intérieur et à l'extérieur de l'enceinte.

Un climat d'insécurité persistant au Sahel

Le Niger, à l'instar de ses voisins sahéliens, le Mali et le Burkina Faso, est confronté depuis plusieurs années à une insurrection djihadiste meurtrière. Les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique y mènent des attaques régulières, qui ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes dans la région. Ces trois pays sont dirigés par des régimes militaires arrivés au pouvoir, pour partie, sur la promesse de rétablir la sécurité face à l'incapacité des gouvernements précédents à endiguer la violence. L'attaque de jeudi matin confirme la persistance de la menace malgré les mesures de sécurité accrues et le redéploiement des alliances régionales.