Les frappes israéliennes se poursuivent au Liban en dépit du cessez-le-feu officiellement entré en vigueur au mois d'avril. L'annonce par les autorités israéliennes d'une extension de leurs opérations militaires à d'autres secteurs a provoqué une vive réaction des autorités libanaises, qui dénoncent une « punition collective » infligée à la population civile.
Des opérations élargies et des bombardements intensifiés
Le 31 mai, l'armée israélienne a fait savoir qu'elle allait étendre ses opérations au Liban « à d'autres zones », sans autre précision. Cette déclaration intervient après plusieurs jours de bombardements intenses dans le sud du pays. Le 27 mai, les forces israéliennes affirmaient avoir « frappé plus de 150 infrastructures et terroristes du Hezbollah » dans les districts de Tyr et de Nabatiyé au cours d'une seule journée. Le même jour, elles ordonnaient l'évacuation de cinq villages.
Le lendemain, la ville côtière de Tyr a été visée, tandis qu'Israël déclarait « zone de combat » une vaste partie du sud du Liban. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a ordonné d'intensifier les bombardements, sous pression de l'opinion publique nationale et malgré les contraintes imposées par les États-Unis. Les opérations terrestres et aériennes se sont ainsi multipliées dans l'est et le sud du territoire libanais.
Un lourd tribut civil
Le bilan humain s'alourdit de façon préoccupante. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a indiqué que, sur une semaine, onze enfants en moyenne étaient tués ou blessés chaque jour au Liban. Des chiffres qui illustrent l'impact dévastateur des frappes sur les plus jeunes.
Par ailleurs, l'armée libanaise a signalé que deux de ses militaires avaient été grièvement blessés dans une frappe de drone israélien. Cet incident, survenu le 30 mai, a été immédiatement condamné par les autorités de Beyrouth, qui y voient une violation supplémentaire de la trêve et une escalade dangereuse.
Une trêve théorique mise à mal
Le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril n'a jamais été pleinement respecté. Israël justifie ses opérations par la nécessité de neutraliser des infrastructures et des combattants du Hezbollah, qu'il accuse de préparer des attaques. De son côté, le gouvernement libanais estime que ces frappes systématiques constituent une « punition collective » contre l'ensemble de la population, en particulier dans les zones du sud.Les actions militaires israéliennes ont également des conséquences diplomatiques. Des délégations israélienne et libanaise doivent se rencontrer à Washington, mais cette reprise des hostilités compromet les perspectives d'une désescalade.
Des villages rasés et une population déplacée
Au cours des semaines précédentes, l'armée israélienne a endommagé ou détruit près de la moitié des villes et villages du sud du Liban, selon des données compilées récemment. Les habitants de nombreuses localités ont fui les combats, tandis que les infrastructures civiles sont lourdement touchées. Les appels à l'évacuation se multiplient, comme le 27 mai pour cinq villages des districts de Tyr et de Nabatiyé.
Mardi, les bombardements se sont concentrés sur ces mêmes secteurs, visant des dizaines de cibles qualifiées de « terroristes » par l'armée israélienne. Les districts concernés, parmi les plus densément peuplés du sud, subissent des destructions massives.
Une escalade régionale sous surveillance
L'intensification des opérations israéliennes au Liban s'inscrit dans un contexte régional plus large, marqué par les tensions avec l'Iran et la pression exercée par Washington sur les pays du Golfe pour normaliser leurs relations avec Israël. Le chef du gouvernement israélien semble déterminé à poursuivre la campagne militaire, malgré les critiques internationales.
Le gouvernement libanais, de son côté, appelle les grandes puissances à intervenir pour faire cesser ce qu'il considère comme des violations répétées du droit international. La rencontre prévue à Washington entre les parties pourrait offrir une fenêtre de dialogue, mais les bombardements en cours réduisent les espoirs d'une trêve durable.