Des salariés et représentants syndicaux de nombreuses agences sanitaires et environnementales ont convergé jeudi 2 juillet sur la place des Invalides, à Paris, pour alerter sur ce qu’ils considèrent comme un affaiblissement programmé de leurs institutions. À l’appel de plusieurs organisations, cette mobilisation visait à mettre en lumière les risques que feraient peser les politiques de dérégulation sur la capacité des experts à éclairer les décisions publiques en toute indépendance.
Les manifestants dénoncent une série de mesures qui, selon eux, réduisent les moyens humains et financiers de ces structures tout en soumettant leurs travaux à des pressions politiques ou économiques. Parmi les griefs exprimés figurent la diminution des effectifs, la contraction des budgets de recherche et la remise en cause de la liberté d’expression scientifique au sein des comités d’experts. Plusieurs intervenants ont souligné que ces agences, créées après des scandales sanitaires ou environnementaux majeurs, constituent un rempart essentiel contre les risques pour la population.
Le rassemblement s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre le gouvernement et ces organismes publics. Depuis plusieurs mois, des projets de réforme visant à rationaliser l’action publique suscitent l’inquiétude des personnels, qui y voient une tentative de démantèlement déguisé. Les syndicats estiment que l’expertise indépendante est menacée par une logique de rentabilité et d’alignement sur les intérêts privés, au détriment de la santé publique et de la protection de l’environnement.
Au-delà des revendications immédiates, les participants ont insisté sur la dimension démocratique de leur combat. Pour eux, affaiblir ces agences reviendrait à priver la société d’un outil fondamental pour anticiper et gérer les crises, qu’elles soient climatiques, sanitaires ou écologiques. Les prises de parole ont rappelé que l’histoire de ces institutions est liée à des drames collectifs – pollution, épidémies, accidents industriels – qui ont conduit à la création d’un système d’alerte et de contrôle.
Plusieurs orateurs ont appelé à une mobilisation citoyenne et politique pour défendre ce qu’ils considèrent comme un acquis irréversible. Des délégations doivent être reçues dans les prochains jours par les autorités compétentes pour tenter d’obtenir des garanties sur le maintien des moyens et de l’autonomie des agences. En attendant, une pétition circule, et d’autres actions sont envisagées dans les semaines à venir pour maintenir la pression sur le gouvernement.