Meta a introduit sur Facebook un nouvel outil baptisé « mode IA », conçu pour offrir aux internautes des réponses générées à partir des données publiques issues de l’ensemble de ses plateformes sociales. La fonctionnalité, accessible via un bouton dédié dans l’application, transforme la barre de recherche habituelle en un assistant conversationnel capable d’interroger les publications visibles par tous sur Facebook, Instagram et Threads.
Un moteur de recherche social dopé à l’intelligence artificielle
Ce mode inédit repose sur un modèle de langage entraîné à synthétiser les informations contenues dans les contenus en accès libre. Lorsqu’un utilisateur pose une question, le système ne se limite pas à afficher une liste de liens : il formule une réponse rédigée, en citant les sources consultées. Selon les informations disponibles, les algorithmes puisent exclusivement dans le corpus des publications publiques, à l’exclusion des messages privés et des comptes paramétrés en mode restreint.
L’objectif affiché par Meta est de faciliter l’accès à l’information partagée par les communautés, en évitant de naviguer manuellement entre différents fils d’actualité ou profils. La firme de Menlo Park espère ainsi renforcer l’utilité de Facebook comme plateforme de découverte, tout en concurrençant les moteurs de recherche généralistes et les assistants conversationnels comme ceux d’OpenAI ou de Google.
Un déploiement progressif et des garde-fous
La fonctionnalité est déployée progressivement auprès des utilisateurs anglophones aux États-Unis, avant une extension à d’autres marchés et langues dans les mois à venir. Meta précise que le mode IA ne conserve pas les conversations ni n’utilise les données des requêtes pour l’entraînement de ses modèles, une promesse destinée à rassurer sur le respect de la vie privée.
Par ailleurs, la société a intégré des mécanismes de modération : le système refuse de répondre à des demandes explicites concernant des personnes identifiées — par exemple « que sait-on de telle personnalité ? » — et bloque les requêtes jugées sensibles ou contraires à ses règles d’utilisation. Les utilisateurs peuvent également signaler une réponse jugée inappropriée.
Contexte concurrentiel et enjeux de données
Cette annonce intervient alors que Meta multiplie les investissements dans l’intelligence artificielle générative. L’entreprise a déjà intégré des assistants IA dans ses applications de messagerie et dans les fils d’actualité. Avec ce mode IA, elle étend l’usage de ses grands modèles de langage à la recherche d’informations, un segment dominé par Google mais que Microsoft, via Bing, et d’autres acteurs tentent de conquérir.
L’exploitation des données publiques soulève toutefois des interrogations. Si Meta affirme se limiter aux contenus en accès libre, les associations de défense des droits numériques rappellent que la frontière entre données personnelles et informations publiques peut être floue. La société assure que les paramètres de confidentialité existants restent inchangés et que les utilisateurs conservent le contrôle de la visibilité de leurs publications.
Une évolution stratégique pour Facebook
Pour Meta, ce nouveau mode s’inscrit dans une stratégie plus large visant à redynamiser l’engagement sur Facebook, dont la croissance du nombre d’utilisateurs actifs ralentit dans les marchés matures. En faisant de la plateforme un point d’entrée pour la recherche sociale, l’entreprise espère retenir l’attention des visiteurs plus longtemps et offrir aux créateurs de contenu une visibilité accrue via les réponses générées par l’IA.
Les tests initiaux montrent que les utilisateurs posent des questions variées, allant de recommandations locales (« où manger un bon burger à Chicago ? ») à des interrogations sur des sujets d’actualité (« que se passe-t-il à Gaza ? »). Dans les deux cas, l’IA s’appuie sur les publications publiques récentes pour élaborer sa réponse, avec un système de citations qui renvoie vers les posts originaux.