Une conclusion de trilogie attendue

Carolina Bianchi, figure marquante de la scène contemporaine brésilienne, achève avec le Festival d’Avignon 2026 sa « Trilogie des chiennes » (Trilogia Cadela força). Le dernier volet de ce cycle, baptisé Uma luz cordial (une lumière cordiale), a été présenté pour la première fois au public français dans le cadre de la programmation officielle. L’artiste y aborde l’acte même de création, un thème qui prolonge les questionnements féministes et politiques déjà explorés dans les deux précédents opus.

Une proposition scénique intime et radicale

Uma luz cordial rompt délibérément avec l’esthétique plus spectaculaire des pièces antérieures de la metteuse en scène. La critique souligne un spectacle « intimiste, plus apaisé » mais dont la radicalité réside dans sa conception même. Carolina Bianchi y interroge la place du corps, de la vulnérabilité et de la parole sur scène, refusant toute forme de consensus facile. Elle défend ainsi un « art du désaccord », où la friction entre les points de vue devient moteur de la création.

Une artiste engagée sur la scène internationale

Carolina Bianchi s’inscrit dans une génération d’artistes sud-américains qui renouvellent les formes théâtrales et bousculent les attentes du public. Sa trilogie, qui mêle performance, récit autobiographique et critique sociale, a été saluée pour sa cohérence et son audace. Le Festival d’Avignon, en accueillant ce volet final, confirme son rôle de tremplin pour des écritures scéniques novatrices venues d’Amérique latine. Uma luz cordial invite à repenser ce qui se joue dans l’instant de la représentation, entre don et confrontation, lumière et ombre.