Washington donne son aval

Le département de la Justice américain a annoncé qu'il ne s'opposerait pas au rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount, selon des sources proches du dossier. Cette décision, officialisée vendredi, lève un obstacle majeur pour une opération estimée à 111 milliards de dollars (110 milliards selon d'autres évaluations). Les autorités fédérales ont conclu leur examen antitrust en estimant que la concentration ne menaçait ni la concurrence ni les consommateurs dans les secteurs du cinéma, de la télévision diffusée ou du streaming.

Un empire médiatique en formation

La transaction, qui intervient après le rachat de Paramount par l'homme d'affaires David Ellison l'année dernière — soutenu par son père Larry Ellison, fondateur d'Oracle et proche du président Trump —, prévoit la fusion des studios de cinéma des deux entités. Le groupe issu de l'opération réunira Paramount Pictures et Warner Bros., producteur de longs-métrages récents comme « Superman », « A Minecraft Movie » ou « Sinners ». Il contrôlera également deux services de streaming majeurs, Paramount+ et HBO Max, ainsi que deux grandes chaînes d'information télévisée : CBS News et CNN.

Des résistances persistantes

Le feu vert fédéral ne signifie pas pour autant la fin des obstacles juridiques. Plusieurs procureurs généraux d'États, dont la Californie, ont annoncé leur intention d'examiner le dossier de près et pourraient engager leurs propres actions en justice pour contester le rapprochement. Par ailleurs, la Commission européenne a ouvert sa propre enquête sur cette opération aux dimensions transatlantiques.

Un marché du travail sous tension

Des voix s'élèvent dans le secteur pour dénoncer un risque de compression des rémunérations. La fusion de deux des cinq plus grands studios hollywoodiens réduirait en effet le nombre d'acheteurs potentiels de scénarios et d'employeurs pour les acteurs et les techniciens, ce qui pourrait peser sur les salaires et les prix payés pour les créations originales. Le précédent du blocage par le ministère de la Justice d'un accord dans l'édition en 2022 pour des motifs similaires est régulièrement cité par les opposants au projet.