Le dossier de la papeterie Fibre Excellence connaît un nouveau rebondissement. La direction actuelle du groupe a annoncé le retrait de son offre de reprise, laissant le champ libre à l’autre candidat en lice, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse. Ce dernier dispose désormais jusqu’au 2 juillet pour déposer son projet de reprise, selon des informations confirmées dans le courant de la journée.
Cette décision intervient alors que le ministère de l’Économie et des Finances avait déjà jugé insuffisante l’offre présentée par la direction sortante. Dans ce contexte tendu, syndicats et élus locaux multiplient les appels à l’État pour qu’il prenne ses responsabilités et garantisse la pérennité du site.
Un calendrier judiciaire serré
Le retrait de l’offre de la direction modifie profondément l’équilibre des forces en présence. Jusqu’alors, deux projets coexistaient : celui des dirigeants en place et celui de Matthieu Pigasse. Avec le désistement du premier, le projet Pigasse devient la seule option sur la table pour éviter la liquidation judiciaire.
Le tribunal de commerce, qui suit le dossier depuis plusieurs mois, avait fixé une échéance initiale que les repreneurs devaient respecter. Le nouveau délai, repoussé au 2 juillet, laisse à Matthieu Pigasse un peu plus de temps pour boucler son plan de financement et présenter un dossier solide.
Bercy reste vigilant
Du côté de Bercy, le ton est resté ferme. Les services de l’État avaient déjà estimé que l’offre unique jusqu’alors déposée était insuffisante pour assurer la viabilité à long terme de l’entreprise. Cette position avait ravivé les craintes des salariés et des élus du territoire.
Le gouvernement suit de près l’évolution du dossier. L’enjeu est de taille : Fibre Excellence emploie plusieurs centaines de personnes et constitue un maillon important de la filière papetière française. La disparition du site aurait des conséquences économiques et sociales lourdes pour la région.
Syndicats et élus montent au créneau
Face à l’incertitude, les organisations syndicales et les représentants des collectivités locales ont haussé le ton. Ils demandent à l’État d’intervenir directement, soit en apportant une garantie financière au projet de reprise, soit en engageant une procédure de nationalisation temporaire.
Des manifestations avaient eu lieu ces dernières semaines devant les usines et les préfectures pour exiger des solutions concrètes. Le retrait de l’offre de la direction n’a fait que renforcer la détermination des opposants à une liquidation sèche.
Quel avenir pour Fibre Excellence ?
Le projet porté par Matthieu Pigasse devra convaincre à la fois le tribunal de commerce, les pouvoirs publics et les partenaires financiers. Si le délai supplémentaire offre une opportunité, il ne lève pas pour autant les obstacles : le secteur papetier traverse une crise structurelle liée à la hausse des coûts de l’énergie et à la concurrence internationale.
Les prochains jours seront décisifs. Le 2 juillet est désormais la date butoir pour déposer un dossier complet. Au-delà, le risque d’une liquidation judiciaire se préciserait dangereusement. L’État, de son côté, devra décider s’il met la main à la poche pour sauver un fleuron industriel en difficulté.
Réactions prudentes
Les acteurs locaux, tout en saluant le nouveau délai, restent prudents. « Nous avons gagné du temps, mais la bataille n’est pas gagnée », résume un élu de la région. Les salariés, eux, attendent des actes concrets et non plus seulement des promesses.
L’avenir de Fibre Excellence se joue donc dans les toutes prochaines semaines, entre négociations financières, arbitrages politiques et décisions judiciaires.