Le feuilleton judiciaire autour de Fibre Excellence, dernier fabricant français de pâte à papier, connaît un nouveau rebondissement. Alors que le tribunal de commerce doit se prononcer prochainement sur l'avenir des sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône), placés en redressement judiciaire, le ministère de l'Économie a douché les espoirs suscités par l'unique proposition de reprise. Selon Bercy, celle-ci « ne présente pas le sérieux nécessaire ».
Offre de reprise disqualifiée
Les services de l'État ont examiné le dossier déposé par un repreneur potentiel, mais en sont arrivés à la conclusion que les garanties apportées étaient insuffisantes. Aucun nom n'a été officiellement divulgué, mais cette évaluation négative réduit considérablement les perspectives de sauvetage du groupe. En l'absence d'alternative crédible, la perspective d'une liquidation judiciaire se précise. Fibre Excellence emploie environ 900 salariés sur ses deux sites et constitue un maillon essentiel de la filière bois hexagonale.
Syndicats et élus mobilisés
Face à cette impasse, l'intersyndicale, les élus locaux et les salariés ont haussé le ton. Dans un communiqué commun, ils enjoignent le gouvernement à s'engager concrètement pour éviter le démantèlement de l'entreprise. « Nous refusons de livrer un pilier de la filière bois à des rapaces », ont-ils déclaré, alertant sur les conséquences désastreuses d'une liquidation. Les représentants syndicaux réclament une intervention directe de l'État, qu'il s'agisse d'une nationalisation temporaire, d'un soutien financier massif ou d'une mise sous tutelle via un établissement public.
Appels à EDF et à l'État
Parmi les pistes évoquées, la sollicitation d'EDF est revenue avec insistance. Les sites de Fibre Excellence sont de gros consommateurs d'énergie et l'entreprise entretient des relations contractuelles complexes avec l'électricien national. Certains acteurs locaux estiment qu'une renégociation des tarifs ou un accompagnement technique pourrait contribuer à redresser la situation. De son côté, Bercy n'a pas officiellement répondu à ces demandes, mais a indiqué suivre le dossier de près.
Un enjeu industriel et territorial
La disparition de Fibre Excellence marquerait la fin de la production française de pâte à papier, une activité stratégique pour l'approvisionnement de l'industrie papetière nationale. Les deux usines sont également des piliers économiques de leurs territoires respectifs, en particulier à Saint-Gaudens, où le tissu industriel est peu diversifié. Les élus locaux, toutes tendances confondues, ont uni leurs voix pour défendre les emplois directs et indirects.
Prochaine étape judiciaire
Le tribunal de commerce doit examiner la situation dans les prochains jours. Si l'offre de reprise est définitivement écartée, le juge pourrait prononcer la liquidation, ouvrant la voie à un démantèlement des actifs. Les syndicats espèrent que l'État imposera un sursis ou une solution de transition. En coulisses, des discussions techniques se poursuivent entre les ministères concernés (Industrie, Énergie, Travail) et les représentants des salariés. Aucune annonce officielle n'a encore filtré du côté de l'Élysée ou de Matignon.