Un adversaire terrassé par la maladie

Le scénario auquel personne ne s'attendait s'est produit vendredi sur le court Philippe-Chatrier. Alors que Matteo Arnaldi et Flavio Cobolli, tous deux Italiens et amis de longue date, devaient s'affronter en demi-finale des Internationaux de France, le premier nommé a été contraint de renoncer vingt minutes avant le coup d'envoi de la rencontre. L'annonce a été faite par les organisateurs du tournoi, qui ont indiqué qu'Arnaldi souffrait d'un « virus ».

Classé au 104e rang mondial, Arnaldi a expliqué avoir commencé à ressentir des symptômes dans la nuit de jeudi à vendredi. « Je me suis réveillé à une heure du matin, et j'ai commencé à vomir », a-t-il confié. Malgré l'intervention d'un médecin à son hôtel et l'espoir qu'il s'agisse d'un simple malaise digestif, son état ne s'est pas amélioré. « Je ne peux pas bouger, je ne peux pas manger, je ne peux pas boire. Il n'y avait vraiment aucun moyen pour moi de jouer », a-t-il ajouté, précisant qu'il se sentait fébrile et sujet à des vertiges.

Pour atteindre le dernier carré, Arnaldi avait passé 19 heures et 42 minutes sur les courts de Roland-Garros, un total inédit pour un joueur parvenu à ce stade du tournoi depuis 1991. Ce long temps de jeu n'a pas été étranger à l'épuisement de ses réserves, mais c'est bien un épisode infectieux qui l'a contraint au forfait.

Un sentiment mêlé pour Cobolli

Flavio Cobolli, 24 ans et tête de série numéro 10, s'est donc qualifié pour la première finale majeure de sa carrière sans avoir à frapper une balle. Un succès qu'il a accueilli avec une émotion partagée. « Quand il est venu me voir il y a presque une heure, j'ai presque pleuré. C'est quelque chose à laquelle on ne s'attend pas du tout », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse qu'il a tenue aux côtés de son compatriote, les deux hommes installés à plusieurs mètres de distance. « J'étais complètement triste pour lui. Mais en même temps, bien sûr, je suis vraiment heureux du résultat que j'ai obtenu cette semaine. Je suis triste et heureux en même temps. »

Cobolli a rendu hommage à Arnaldi, le qualifiant de « grande inspiration pour nous tous », saluant son professionnalisme et sa préparation. Après cette annonce, le nouveau finaliste s'est rendu sur le court pour une séance d'entraînement sous le regard de spectateurs restés dans les tribunes.

Un duel pour un premier sacre

En finale, dimanche, Flavio Cobolli affrontera l'Allemand Alexander Zverev, deuxième joueur mondial et tête de série numéro 2. Ce dernier s'est défait du Tchèque Jakub Mensik dans l'autre demi-finale. Ce choc doit sacrer un nouveau champion du Grand Chelem, aucun des deux hommes n'ayant encore soulevé un tel trophée.

Le repos forcé de Cobolli, qui n'a plus joué de match depuis sa victoire en quarts de finale mercredi contre le Canadien Félix Auger-Aliassime, pourrait être un atout ou un handicap. « Avoir presque quatre jours sans match, c'est beaucoup, donc on perd le rythme », a-t-il reconnu. « J'ai repris l'entraînement aujourd'hui. Je pense que je serai prêt pour la finale, mais je sais aussi que je serai frais. Peut-être que ce repos aidera, peut-être pas. Je vous le dirai après la finale. »