La veille de ce qui devait être le match le plus important de sa carrière, Flavio Cobolli se trouvait dans une situation inattendue. Au lieu de combattre Matteo Arnaldi sur le court Philippe-Chatrier pour une place en finale de Roland-Garros, il a assisté à la confirmation du forfait de son compatriote, terrassé par un virus contracté durant la nuit. Les deux Italiens se sont retrouvés côte à côte dans la salle de presse principale du stade, le visage marqué par la déception, quelques heures seulement après l'annonce officielle.
Cobolli a exprimé un mélange de peine pour son ami et de détermination pour la suite. Il a qualifié la situation de « dure » pour Arnaldi, soulignant qu'une demi-finale de Grand Chelem ne se présente pas tous les jours. Lui-même a dû digérer ce tournant imprévu avant de se concentrer sur le défi qui l'attend dimanche : affronter Alexander Zverev, numéro 2 mondial et favori de la finale.
Un repos forcé et une préparation inédite
Conséquence directe de ce désistement, Cobolli a bénéficié d'un repos de quatre jours avant le match pour le titre. Une pause qu'il n'avait pas anticipée et qui modifie sa routine d'avant-finale. Il a reconnu que cette situation était « bizarre », car il s'était préparé à jouer la veille. Il a dû s'adapter, enchaînant les entraînements sur le court central pour maintenir le rythme et la concentration.
Ce délai pourrait jouer en sa faveur. Alors que la plupart des finalistes arrivent éprouvés par une quinzaine éreintante, Cobolli aborde le duel avec des jambes fraîches. Il espère que ce repos lui permettra de « sauter la file d'attente » et de créer la surprise face à un adversaire qui a dû batailler jusqu'au bout de sa demi-finale.
L'ombre d'un précédent sur terre battue
Il n'y a pas si longtemps, Cobolli a prouvé qu'il pouvait inquiéter Zverev sur sa surface de prédilection. Lors du tournoi de Genève, l'Italien avait pris le meilleur sur l'Allemand en deux sets secs (7-5, 6-1). Un souvenir qu'il compte bien utiliser pour aborder la finale sans complexe. Il sait qu'il devra élever son niveau de jeu pour contrer la puissance et l'expérience de son adversaire, mais cette victoire récente lui offre une base de confiance.
Le poids de l'absence
Au-delà de l'aspect sportif, le forfait d'Arnaldi a jeté une ombre sur le parcours de Cobolli. Les deux hommes étaient liés par une amitié forgée sur les courts et en dehors. Le fait de devoir tirer profit du malheur de l'un pour avancer ajoute une dimension émotionnelle délicate. Cobolli a exprimé sa tristesse pour son compatriote, tout en insistant sur le fait qu'il devait désormais se tourner vers l'avenir.
« C'est la vie, c'est le sport », a-t-il simplement commenté, résigné mais déterminé.
Un duel transalpin avorté pour une finale européenne
La demi-finale annulée privait le public d'un choc 100 % italien, une première dans l'histoire du tournoi. À la place, la finale masculine verra s'affronter le surprenant Flavio Cobolli, 23 ans, et Alexander Zverev, déjà sacré à Roland-Garros en 2024. L'enjeu est immense pour les deux hommes : un premier titre du Grand Chelem pour l'Italien, une confirmation pour l'Allemand.