L'épidémie de légionellose qui sévit dans le quartier de l'Upper East Side, à New York, continue de s'étendre. Vendredi 17 juillet, les services de santé locaux ont annoncé le premier décès lié à cette infection pulmonaire grave. Selon des informations concordantes, un second décès serait également survenu, portant à deux le nombre de victimes.
Au total, 67 cas d'infection par la bactérie Legionella ont été confirmés dans les codes postaux 10028, 10128 et 10075, correspondant aux quartiers de Carnegie Hill et Yorkville. Douze personnes étaient hospitalisées au 18 juillet, selon les dernières données diffusées par le département de la santé de la ville. Les autorités avaient déjà recensé 54 cas et 18 hospitalisations au 10 juillet, mais aucun décès à cette date.
Des tours de refroidissement en cause
L'enquête sanitaire a rapidement identifié la source probable de la contamination : des tours de refroidissement installées sur les toits des immeubles. Ces équipements, qui font partie des systèmes de climatisation ou de réfrigération, projettent de la vapeur d'eau dans l'air extérieur. Lorsque cette eau est contaminée par la bactérie Legionella, l'inhalation des aérosols peut provoquer la maladie.
« Nous avons devant nous 160 tours de refroidissement dans cette zone que nous examinons, et nous n'attendons pas », a déclaré le commissaire à la santé de New York, Alister Martin, lors d'une réunion publique tenue dans une église du quartier. Il a précisé que 31 tours avaient été testées positives à la bactérie et que 19 d'entre elles avaient déjà été désinfectées. Les propriétaires des autres bâtiments concernés ont été sommés de procéder au nettoyage et à la désinfection de leurs installations.
Parmi les bâtiments contaminés figurent des institutions culturelles de renom : le Metropolitan Museum of Art (Met Museum) et le musée Guggenheim ont tous deux été testés positifs. Au total, la désinfection de 76 bâtiments a été ordonnée par les autorités.
Des mesures renforcées
Face à l'ampleur de l'épidémie, la ville a adopté une procédure accélérée : les immeubles doivent désormais procéder à un nettoyage complet dès le premier test positif, sans attendre les résultats de confirmation.
« Il y a un réel niveau d'inquiétude dans la communauté », a témoigné Justine Kirby, une résidente du quartier, qui a choisi de porter un masque N95 à l'extérieur et de garder ses fenêtres fermées. « Je suis du genre à dire que le risque est peut-être faible, mais tant que le nettoyage et la désinfection ne sont pas terminés, je ne vois pas l'intérêt de ne pas prendre ces précautions supplémentaires », a-t-elle expliqué.
La présidente du conseil municipal de New York, Julie Menin, s'est dite préoccupée par la lenteur des actions. Dans une lettre adressée au commissaire Martin, elle a fait part de son inquiétude quant au fait que le département de la santé n'ait pas encore imposé de mesures plus contraignantes.
Une maladie qui n'est pas contagieuse
La légionellose est une infection respiratoire grave, mais non contagieuse d'une personne à l'autre. Elle se contracte uniquement par inhalation d'eau contaminée vaporisée. Les symptômes, qui apparaissent deux à dix jours après l'exposition, comprennent la fièvre, les frissons, les courbatures et la toux. Les personnes de plus de 50 ans, les fumeurs et celles souffrant de maladies chroniques ou d'un système immunitaire affaibli sont les plus vulnérables.
Les autorités sanitaires recommandent à toute personne résidant ou travaillant dans la zone touchée, ou l'ayant visitée depuis la fin juin, de consulter un médecin en cas de symptômes grippaux. L'eau du robinet reste considérée comme potable, et les activités quotidiennes comme la douche, la baignade ou la cuisson ne présentent pas de risque.
Le changement climatique en toile de fond
Plusieurs experts en santé publique relient la recrudescence des foyers de légionellose au réchauffement climatique. La bactérie Legionella prolifère dans les eaux chaudes, et l'augmentation des températures estivales favorise sa multiplication dans les tours de refroidissement et les réseaux d'eau. Wafaa El-Sadr, professeure d'épidémiologie à l'École de santé publique Mailman de l'université Columbia, a souligné que l'épidémie actuelle est typique de ces systèmes de climatisation où les bactéries se développent et infectent les personnes qui inhalent les microgouttelettes.
Cette épidémie rappelle celle survenue en 2015 dans le Bronx, qui avait fait 12 morts et plus de 120 malades. Depuis, la ville de New York a renforcé la réglementation sur l'entretien des tours de refroidissement, mais les critiques pointent des lacunes dans l'application des contrôles.