Face à des températures qui approchent ou dépassent les 40 °C, de nombreux habitants cherchent des moyens de préserver un minimum de confort chez eux sans faire fonctionner un climatiseur en continu. Une étude menée par Pouget Consultants pour IGNES, à partir de près de 9 millions de diagnostics de performance énergétique, révèle que près de 9 logements sur 10 ne seraient pas correctement adaptés aux fortes chaleurs. Près d’un sur deux pourrait même être qualifié de « bouilloire thermique ». Le principal facteur identifié est le manque de protections solaires extérieures, bien plus que l’isolation.
Protéger les fenêtres : la priorité absolue
« Le premier réflexe, ce n’est pas de refroidir l’air à tout prix, mais d’empêcher la chaleur d’entrer », explique Stéphanie Lacaze-H, journaliste spécialisée dans la construction et l’aménagement de l’habitat. La recommandation la plus efficace consiste à bloquer le rayonnement solaire avant qu’il ne pénètre à l’intérieur. Les stores extérieurs, les volets (notamment les volets roulants) et les casquettes ou brise-soleil constituent les solutions les plus performantes. Les protections intérieures (rideaux, stores vénitiens) sont moins efficaces car la chaleur a déjà traversé la vitre.
Aérer au bon moment
Une fois les fenêtres protégées, la gestion de l’air est cruciale. Il est conseillé d’ouvrir largement les fenêtres la nuit et tôt le matin pour faire entrer l’air frais et créer des courants d’air. En journée, dès que la température extérieure dépasse celle de l’intérieur, il faut fermer fenêtres et volets. Cette technique, couplée à l’utilisation de brasseurs d’air ou de ventilateurs, permet de renouveler l’air sans consommer autant d’énergie qu’un climatiseur.
Limiter les sources de chaleur internes
À l’intérieur, plusieurs appareils émettent de la chaleur qu’il est possible de réduire. Éteindre les ampoules à incandescence (préférer les LED), limiter l’usage du four, des plaques de cuisson et du sèche-linge, et débrancher les appareils en veille sont autant de gestes simples qui abaissent la température ambiante. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie rappelle qu’un réfrigérateur bien entretenu (grille arrière dégagée, joints en bon état) fonctionne moins souvent.
Des solutions plus durables : isolation et végétalisation
Pour les logements qui le permettent, des travaux d’isolation par l’extérieur ou par les combles apportent un bénéfice tant en hiver qu’en été. L’installation d’une végétalisation des toitures ou des murs (plantes grimpantes, toits végétalisés) contribue à réduire la température intérieure par évapotranspiration et ombrage. Ces aménagements, plus coûteux, offrent un confort durable et réduisent la dépendance à la climatisation.
Quand la climatisation devient nécessaire, comment l’utiliser raisonnablement ?
Si la climatisation reste incontournable dans certaines situations, son usage peut être optimisé. Les climatiseurs réversibles (pompes à chaleur air-air) sont plus efficaces que les appareils monoblocs. Il est recommandé de régler la température à 26 °C (et non 20 °C), ce qui évite un choc thermique avec l’extérieur et réduit la consommation d’énergie de 30 à 40 %. Un entretien régulier (nettoyage des filtres) est indispensable. Enfin, il faut éviter de laisser les fenêtres ouvertes pendant le fonctionnement de l’appareil.
Les gestes simples pour les personnes vulnérables
Pour les personnes âgées ou fragiles, l’hydratation régulière (eau, tisanes, bouillons) et le rafraîchissement du corps (brumisation, linge humide sur la nuque, bains tièdes) sont essentiels. Rester dans la pièce la plus fraîche du logement, souvent celle orientée au nord, et éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes (12 h – 16 h) complètent ces mesures.
En combinant ces différentes approches – protection solaire, aération nocturne, limitation des sources de chaleur internes et usage raisonné de la ventilation – il est possible de réduire de plusieurs degrés la température intérieure sans avoir recours à la climatisation de façon intensive. Ces gestes, simples et peu coûteux, permettent de mieux supporter les épisodes caniculaires tout en limitant l’impact environnemental et les factures d’énergie.