Washington et Téhéran devraient reprendre prochainement leurs discussions autour de la restitution de six milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, une nouvelle étape dans le processus de désamorcement amorcé ces dernières semaines. Des responsables américains ont indiqué que la délégation des États-Unis cherche également à obtenir de l'Iran des précisions sur son projet de perception de droits de passage dans le détroit d'Ormuz.
Cette initiative financière s'inscrit dans une séquence diplomatique marquée par plusieurs gestes réciproques. La semaine dernière, la liaison aérienne entre la capitale iranienne et Dubaï a été rétablie, interrompue depuis plusieurs mois en raison des tensions. Parallèlement, l'accord signé entre les deux pays prévoit une trêve et la réouverture du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier mondial.
Un dossier gelé depuis des années
Les six milliards de dollars en question correspondent à des fonds iraniens bloqués dans des comptes à l'étranger, notamment dans le cadre des sanctions économiques américaines. Leur déblocage conditionné à des garanties sur le programme nucléaire et la sécurité régionale figurait déjà dans les négociations antérieures, sans aboutir. La reprise des pourparlers sur ce point concret pourrait faciliter la mise en œuvre des autres volets de l'accord.
La question des péages dans le détroit d'Ormuz
Parallèlement, l'équipe américaine a demandé à Téhéran de détailler son plan visant à instaurer un système de péage pour le transit des navires dans le détroit d'Ormuz. Cette revendication, si elle était acceptée, modifierait les règles de navigation dans cette zone hautement stratégique. Les discussions sur ce sujet technique se sont poursuivies dans le cadre des canaux de communication établis après la signature du mémorandum de paix.
Un contexte de détente fragile
Depuis la signature du mémorandum entre le président américain et son homologue iranien, plusieurs mesures de confiance ont été échangées : réouverture du détroit, cessation des frappes, levée temporaire de certaines sanctions pétrolières, et maintenant reprise des vols reliant les deux pôles économiques du Golfe. L'ouverture des discussions sur les avoirs gelés constitue un nouveau signal de volonté de normalisation, même si les désaccords de fond persistent sur le programme nucléaire iranien et l'influence régionale de Téhéran.
Les deux délégations n'ont pas encore communiqué de calendrier précis pour ces nouvelles négociations. Les observateurs considèrent que la question des six milliards de dollars pourrait servir de test pour la confiance mutuelle avant d'aborder des sujets plus sensibles.