Les forces de l’ordre canadiennes ont mis en garde la population contre d’éventuelles attaques par imitation, au lendemain de la fusillade survenue le 22 juin à Montréal. Le tireur, abattu par la police, agissait selon une logique inspirée de la mouvance « incel » (célibat involontaire), ce qui a conduit les enquêteurs à orienter leurs investigations vers la piste terroriste.

L’attaque, qui s’est déroulée dans le quartier juif de Montréal, a fait trois morts : un policier, un passant et le suspect lui-même. Le ministre québécois de la Sécurité publique avait exprimé sa vive émotion face à ce bilan. Dès le lendemain, les autorités policières ont fait savoir qu’elles craignaient que cet acte ne serve de modèle à d’autres individus partageant les mêmes croyances misogynes et violentes.

Un risque de contagion pris très au sérieux

Dans une communication officielle, la police a indiqué que le profil du tireur, marqué par l’idéologie incel, présentait des similitudes avec d’autres attaques survenues ces dernières années en Amérique du Nord. Ce courant, qui prône la haine des femmes et justifie la violence comme réponse à un rejet social ou sexuel, est considéré par les experts comme une forme d’extrémisme émergente. Les autorités canadiennes ont donc exhorté la population à signaler tout comportement suspect, tout en renforçant la surveillance autour des lieux sensibles.

Les enquêteurs continuent d’analyser les écrits et les communications laissés par le tireur pour déterminer s’il avait des complices ou s’il était en contact avec des réseaux radicaux en ligne. L’affaire a été confiée à la section antiterroriste, ce qui permet à l’État de disposer d’outils juridiques supplémentaires pour prévenir d’éventuelles répliques.

Un précédent inquiétant au Canada

Ce n’est pas la première fois qu’un attentat lié à l’idéologie incel endeuille le pays. En 2020, à Toronto, un homme avait tué une personne et blessé plusieurs autres dans un salon de massage, revendiquant son geste au nom de la « révolte incel ». Ce précédent avait déjà alerté les services de sécurité sur la nécessité de mieux cerner cette mouvance. La fusillade de Montréal, par sa violence et le contexte du quartier ciblé, interroge les enquêteurs, même si aucune motivation antisémite n’a été officiellement confirmée.

Des mesures de sécurité renforcées

Les autorités locales ont annoncé que des patrouilles supplémentaires seraient déployées dans les secteurs fréquentés et que des agents de liaison communautaires seraient mobilisés pour rassurer les habitants. Un numéro vert a été mis en place pour recueillir tout témoignage utile. Le gouvernement fédéral canadien suit de près l’évolution du dossier et a consulté plusieurs experts en radicalisation pour évaluer la menace que représente l’idéologie incel à l’échelle nationale.

Alors que l’enquête se poursuit, la police insiste sur l’importance de ne pas céder à la psychose tout en restant vigilant. Le message est clair : la menace est réelle, mais les autorités affirment avoir les moyens d’y faire face.