Seize Airbus A380 doivent faire l'objet d'inspections approfondies à la suite de la mise en évidence de fissures dans la structure des ailes, dont la présence pourrait compromettre la solidité de l'ensemble. Parmi ces appareils, cinq sont considérés comme prioritaires et doivent être contrôlés immédiatement, selon les informations communiquées par le constructeur aéronautique.
Les anomalies, qualifiées de « pouvant amenuiser l'intégrité structurelle de l'aile », ont été découvertes lors d'un examen mené sur un A380 en service. Cette découverte a conduit Airbus à élargir les vérifications à seize avions du même type, tous en exploitation commerciale. Sur ce total, quinze sont exploités par la compagnie aérienne Emirates et un par la compagnie australienne Qantas.
Des inspections classées en deux niveaux d'urgence
Les consignes émises par l'avionneur distinguent deux catégories d'intervention. Cinq appareils, identifiés comme présentant un risque accru, doivent être inspectés dans les plus brefs délais. Les onze autres sont soumis à un calendrier de contrôle moins immédiat, mais néanmoins obligatoire. Les modalités techniques des inspections n'ont pas été détaillées par le constructeur, mais elles devraient nécessiter un examen visuel et instrumental des longerons et des zones de fixation des ailes au fuselage.
Un problème récurrent pour le très gros-porteur
L'A380, plus gros avion de ligne jamais construit, a connu plusieurs épisodes de fissuration au niveau des ailes depuis sa mise en service. En 2012 déjà, des microfissures étaient apparues sur certains longerons, conduisant à des campagnes de réparation. Plus récemment, en 2019 et 2021, d'autres défauts structurels avaient été signalés sur des appareils vieillissants. Le modèle, dont la production a été arrêtée en 2021, n'est plus fabriqué, mais environ 250 exemplaires restent en service dans le monde, principalement chez Emirates.
L'impact sur les opérations aériennes
Les inspections imposent le retrait temporaire des appareils concernés des lignes commerciales. Pour Emirates, qui détient la plus grande flotte d'A380 au monde, cette mesure pourrait entraîner des perturbations sur certains vols long-courriers, en particulier vers Dubaï, son hub principal. Qantas, de son côté, n'a pas encore communiqué sur les conséquences éventuelles pour ses liaisons vers l'Europe et les États-Unis. Les compagnies concernées sont tenues de se conformer aux directives d'Airbus et des autorités de régulation aéronautique.
Le suivi par les autorités
L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) ainsi que les autorités nationales compétentes ont été informées de la situation. Il leur revient de valider les protocoles d'inspection et, le cas échéant, d'imposer des mesures correctives supplémentaires. Airbus a précisé que les inspections en cours visaient à garantir le respect des standards de sécurité les plus stricts et qu'aucun incident en vol n'avait été rapporté en lien avec ces fissures.