Le secrétaire d’État à la Défense du Royaume-Uni, Dan Jarvis, a participé ce jeudi à une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles, sans avoir encore présenté le plan d’investissement militaire que Londres doit remettre à ses alliés. Ce document, attendu depuis l’automne 2025, a été repoussé à plusieurs reprises, et sa publication est désormais promise avant le sommet de l’Alliance prévu le 7 juillet.

« Je travaille sans relâche avec mes collègues du gouvernement pour parvenir à une version achevée », a déclaré Dan Jarvis aux journalistes après la rencontre. Interrogé sur la possibilité de négocier une enveloppe plus généreuse que celle qui a provoqué le départ de son prédécesseur, il n’a pas répondu directement, se bornant à affirmer que « les forces armées doivent disposer des ressources dont elles ont besoin pour accomplir leur mission, qui est très difficile ».

Un précédent ministre parti sur un désaccord budgétaire

John Healey, qui occupait le poste jusqu’à la semaine dernière, a présenté sa démission de façon explosive. Il estimait que les propositions gouvernementales – qui porteraient les dépenses de défense à 2,68 % du produit intérieur brut d’ici 2030 – étaient « très insuffisantes » par rapport aux 3 % qu’il jugeait nécessaires. Selon des informations concordantes, le ministère de la Défense réclamait 28 milliards de livres supplémentaires d’ici la fin de la décennie, mais n’aurait obtenu qu’une offre de 10 milliards supplémentaires.

Le Premier ministre Keir Starmer a demandé à tous les départements ministériels de réduire leurs enveloppes d’investissement afin de dégager des marges de manœuvre, et a promis que le plan d’investissement serait publié « dans les semaines à venir ». Downing Street n’a toutefois pas laissé entendre que des crédits supplémentaires seraient débloqués. Le chef de l’exécutif a indiqué que Dan Jarvis avait « ses propres idées sur les priorités », sans donner plus de détails.

Pressions croissantes au sein de l’Alliance

Lors de la réunion de Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a exhorté les États membres à présenter des « plans clairs, concrets et crédibles » pour augmenter leurs budgets militaires, en vue du sommet de juillet. Le Royaume-Uni s’est engagé, comme ses partenaires, à atteindre 3,5 % du PIB pour la défense d’ici 2035, conformément aux objectifs de l’Alliance.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’est montré particulièrement sévère envers certains alliés. Il a estimé que « certaines des plus grandes économies de l’OTAN, certains de nos pays les plus riches, semblent encore penser que l’ère du resquillage est toujours d’actualité ». Il a annoncé le lancement d’un examen de six mois sur la présence militaire américaine en Europe, destiné à « s’assurer que l’OTAN évolue rapidement et irréversiblement vers une prise en charge européenne de la sécurité du continent ». Il a également prévenu que les contributions annuelles des États-Unis à l’OTAN seraient désormais conditionnées au respect des objectifs de dépenses par les autres membres : « Là où certains alliés ne dépensent pas avec urgence, nos contributions diminueront. L’OTAN sera une rue à double sens. »

Le chef d’état-major britannique alerte sur les conséquences d’un sous-financement

Le même jour, le chef d’état-major de la Défense du Royaume-Uni, le maréchal de l’air Sir Richard Knighton, a averti que les forces armées devraient « réduire » leurs entraînements et leurs opérations si elles ne recevaient pas davantage de moyens que ceux actuellement proposés.

Nouvelle aide militaire à l’Ukraine

Dan Jarvis a aussi profité de sa présence à Bruxelles pour annoncer une nouvelle contribution britannique à l’Ukraine : 150 000 drones ainsi que 350 missiles antiaériens et radars seront livrés d’ici la fin de l’année. Cet équipement est financé par une tranche de 752 millions de livres prélevée sur le prêt de 2,26 milliards de livres accordé à Kiev, lui-même adossé aux profits des avoirs russes gelés.