Le haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, a dévoilé jeudi un rapport dans lequel il préconise de fusionner Paris avec les trois départements de la petite couronne pour former une entité administrative baptisée « Ville du Grand Paris ». Cette proposition, présentée comme un moyen de « sortir de l’enceinte du périphérique », vise à mettre fin à la fragmentation institutionnelle qui caractérise actuellement la métropole parisienne.

Selon la note du Haut-commissariat à la stratégie et au plan, la nouvelle collectivité regrouperait la capitale ainsi que les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Elle remplacerait à la fois la Ville de Paris, les trois conseils départementaux concernés et l’actuelle Métropole du Grand Paris. L’objectif affirmé est de simplifier le millefeuille administratif et de donner une cohérence d’ensemble à l’aire urbaine, en supprimant la frontière symbolique que constitue le boulevard périphérique.

Un projet de rupture avec le cadre actuel

Clément Beaune justifie cette initiative par la nécessité de répondre aux défis quotidiens des habitants – transports, logement, environnement – qui dépassent largement les limites communales et départementales. En fusionnant les collectivités, la « Ville du Grand Paris » disposerait de compétences élargies et d’une légitimité démocratique unique, contrairement à la Métropole actuelle, souvent perçue comme une structure technocratique.

Le rapport ne précise pas le calendrier de mise en œuvre ni le sort des communes de banlieue, mais il évoque la possibilité de maintenir des maires d’arrondissement ou de quartier pour préserver une proximité de proximité. La question des compétences spécifiques – police, éducation, action sociale – devra faire l’objet de transferts entre l’État et la future collectivité.

Des précédents et des obstacles

Cette proposition s’inscrit dans le prolongement des réflexions sur le Grand Paris, initiées dès les années 2000. Toutefois, elle va plus loin que les réformes antérieures, comme la création de la Métropole en 2016, en proposant une fusion complète plutôt qu’une simple coopération intercommunale. Des voix politiques s’étaient déjà élevées par le passé contre tout projet de fusion, craignant une dilution de l’identité de Paris ou une augmentation des impôts en banlieue.

Pour l’heure, aucun projet de loi n’est annoncé, et le rapport a une valeur d’orientation stratégique. Il devra être débattu au sein du gouvernement et du Parlement avant d’aboutir à d’éventuelles réformes. Le Haut-commissariat au Plan, dont la mission est de proposer des réformes de long terme, espère ainsi relancer le chantier de la métropole parisienne.