Une note du Haut-commissariat à la stratégie et au plan, dont la publication a été révélée ces derniers jours, esquisse une transformation majeure de l’organisation territoriale de la région parisienne. Le document, piloté par le haut-commissaire Clément Beaune, propose la création d’une « Ville du Grand Paris », une collectivité unique qui rassemblerait Paris et les trois départements de la petite couronne, à savoir les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.

Un territoire de 7 millions d’habitants

Cette entité rassemblerait environ 7 millions d’habitants, ce qui en ferait l’une des plus grandes collectivités d’Europe. La note préconise de remplacer l’actuelle architecture du Grand Paris, jugée complexe avec la coexistence de la métropole du Grand Paris, des départements et des communes. L’objectif affiché est une « simplification institutionnelle » permettant une action publique plus efficace et cohérente à l’échelle du cœur de l'agglomération.

Suppression des départements concernés

La proposition implique la suppression des trois départements de la petite couronne ainsi que le statut particulier de Paris, qui est à la fois une commune et un département. Ces entités seraient absorbées par la nouvelle collectivité, qui exercerait à leur place les compétences départementales et métropolitaines. Les communes elles-mêmes conserveraient leur existence, mais leur rôle et leurs moyens seraient redéfinis dans le cadre de cette nouvelle organisation.

Un débat sur le statut à venir

La note ne précise pas le calendrier de mise en œuvre ni le statut juridique exact de cette future collectivité. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la gouvernance de la région capitale, un sujet récurrent depuis la création de la métropole du Grand Paris en 2016. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre : certains élus locaux redoutent une perte de proximité et de représentation, tandis que d’autres voient dans cette réforme une opportunité de rationaliser les dépenses publiques et de mieux coordonner les politiques d’aménagement, de transport et de logement.

Des précédents et des oppositions

Ce n’est pas la première fois qu’une fusion de Paris avec sa banlieue est évoquée. Des propositions similaires avaient été avancées par des personnalités politiques de différents bords, sans jamais aboutir. Les oppositions tiennent notamment à la crainte de voir la voix des banlieues diluée dans un ensemble dominé par le poids démographique et économique de la capitale, ainsi qu’à la complexité juridique et financière d’une telle fusion.

Vers une redéfinition de l’action publique

Au-delà de la simplification, la note avance l’idée que cette collectivité unique permettrait de mutualiser les ressources et de porter des projets d’envergure métropolitaine, en matière de transition écologique, de développement économique ou de solidarité territoriale. Elle appelle à un débat public approfondi avant toute décision législative. Le Haut-commissariat, placé sous l’autorité du Premier ministre, a pour mission de produire des réflexions stratégiques, mais n’a pas de pouvoir de décision. La balle est donc dans le camp du gouvernement et du Parlement.