L'affaire Lyhanna continue d'alimenter les polémiques politiques. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, est désormais la cible de demandes de démission. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déclaré que le ministre de la Justice « aurait dû présenter sa démission », invoquant une nécessité d'hygiène politique. Ces propos, rapportés ces derniers jours, s'inscrivent dans un contexte de tensions autour de la gestion de l'affaire par le ministère.

Jordan Bardella n'a pas développé les raisons précises de son exigence, mais a insisté sur le caractère symbolique d'un tel acte. Pour le dirigeant d'extrême droite, la fonction de garde des Sceaux implique une responsabilité morale qui, dans les circonstances actuelles, imposerait un départ volontaire. Le terme « hygiène politique élémentaire » renvoie à une pratique de salubrité démocratique, souvent invoquée lors de scandales ou de controverses touchant l'exécutif.

Un éditorial paru le même jour abonde dans ce sens. Son auteur estime que Gérald Darmanin aurait pu remettre sa démission, quitte à ce qu'elle soit refusée par le président de la République. « On ne s'affaiblit jamais en prenant acte d'une situation dont on est, au moins par fonction, responsable », peut-on y lire. Le texte ajoute que les initiatives législatives en préparation – un projet et une proposition de loi – n'en auraient eu que plus de poids si le ministre avait fait ce geste de responsabilité.

Cette double prise de position intervient alors que l'affaire Lyhanna suscite des interrogations sur le fonctionnement de la justice et le rôle du ministre. Aucune réaction officielle de Gérald Darmanin n'a été rapportée dans l'immédiat. La pression de l'opposition et de certains commentateurs pourrait toutefois contraindre le gouvernement à répondre sur ce terrain.

La question de la démission d'un ministre, même si elle n'est pas suivie d'effet, constitue un marqueur politique fort. En appelant à ce geste, Jordan Bardella cherche à placer le gouvernement en position délicate, tandis que l'éditorial souligne une attente républicaine de probité. L'affaire Lyhanna devient ainsi un test pour la crédibilité du garde des Sceaux et plus largement pour l'exécutif.