Une escalade militaire qui s’accélère

Les forces armées américaines ont lancé une nouvelle campagne de bombardements contre des positions iraniennes durant la nuit de mercredi à jeudi, marquant une intensification notable du conflit qui oppose les deux pays autour du détroit d’Ormuz. Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a indiqué avoir visé 90 cibles militaires, dans le but déclaré de réduire la capacité de Téhéran à contrôler ce passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial.

Selon des médias d’État iraniens, ces frappes ont fait au moins quatre morts. Trois personnes ont péri dans la périphérie d’Ahvaz, dans l’ouest du pays, a précisé l’agence Irna en citant un responsable local. Un pompier a également trouvé la mort lors d’une attaque contre l’aéroport d’Iranchahr, dans le sud-est, d’après la télévision publique.

Des explosions signalées dans plusieurs villes

Des détonations ont été rapportées dans les villes portuaires de Bandar Abbas (sud), Konarak (est) et Chabahar (est), ont rapporté les médias officiels. Une base militaire située à Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile du pays, a été touchée, selon un responsable local. Un pont ferroviaire a également été endommagé dans la province du Golestan (nord), ce qui a perturbé la liaison entre Téhéran et Machhad, où doivent se dérouler les obsèques de l’ayatollah Khamenei.

Téhéran dit avoir riposté dans le Golfe

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir lancé des représailles contre des installations américaines au Koweït et à Bahreïn, deux pays alliés de Washington dans la région. Aucun bilan n’a été communiqué de source officielle américaine à ce stade.

Trump promet une escalade

Le président américain Donald Trump s’est exprimé sur sa plateforme Truth Social, qualifiant les frappes de « réponse aux bombardements de navires menés hier par l’Iran ». Il a ajouté : « Si ça se reproduit, ce sera bien pire ! » Une menace qui intervient alors que l’armée américaine accuse Téhéran d’avoir attaqué mardi au moins trois navires commerciaux transitant dans le golfe d’Oman.

Position iranienne inflexible sur Ormuz

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réitéré que le détroit d’Ormuz ne serait ouvert que selon des « modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines ». Téhéran impose depuis plusieurs jours des droits de passage sur ce corridor maritime, une décision que Washington refuse de reconnaître.

Réactions internationales

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur la chaîne TF1 que « c’est l’Iran qui, en s’en prenant à des navires qui circulaient dans les eaux omanaises, a violé ses propres engagements ainsi que le droit international ». Plusieurs experts estiment que Téhéran mise sur une capacité à soutenir une escalade limitée plus longtemps que ses adversaires. Alex Vatanka, du Middle East Institute, a relevé que les Iraniens « pensent que le temps joue en leur faveur ». Negar Mortazavi, du Center for International Policy, a estimé que « l’Iran estime qu’une escalade mesurée et limitée peut rétablir la dissuasion sans franchir le seuil d’une guerre totale ».