Le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a volé en éclats. Téhéran a frappé au moins trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, selon des responsables américains et maritimes. Les cibles comprenaient un pétrolier saoudien et un transporteur de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari. En représailles, l'administration américaine a annulé la dérogation temporaire aux sanctions sur les exportations de pétrole iranien, une concession majeure accordée dans le cadre du protocole d'accord signé le mois précédent. Cette dérogation avait permis à Téhéran de reprendre ses ventes de brut après le blocus imposé par la marine américaine.

Frappes américaines sur le territoire iranien

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, dont des systèmes de défense aérienne, des radars et plus de soixante petites embarcations utilisées par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) pour harceler la navigation. Selon le CENTCOM, ces opérations visent à « imposer des coûts lourds pour le ciblage et l'attaque de navires commerciaux transportant des civils innocents dans une voie navigable internationale ». Le lendemain, l'armée américaine a mené une nouvelle série de frappes contre environ 90 objectifs supplémentaires.

Riposte iranienne et paralysie du trafic

En réaction, l'Iran a lancé des missiles contre des nations du Golfe. Des sirènes d'alerte aérienne et des explosions ont été signalées au Bahreïn et au Koweït. De nouveaux tirs ont été rapportés le jour suivant. Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, qui avait repris après l'accord de cessez-le-feu, s'est de nouveau complètement arrêté, selon des données de suivi maritime.

Un contexte de tensions régionales

Ces événements surviennent après des semaines de tensions autour du contrôle du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole et du gaz mondiaux. L'Iran avait officialisé un projet de péage maritime, provoquant l'opposition des États-Unis et de plusieurs partenaires régionaux. Oman avait soumis une proposition alternative de péage, rejetée par Téhéran. L'administration américaine avait jugé « inacceptables » les projets iraniens de taxation du passage.

Les Gardiens de la révolution avaient multiplié les mises en garde contre tout franchissement non autorisé, tandis que Téhéran contestait l'accord maritime de 1968 régissant la zone et revendiquait un droit de contrôle sur certaines parties du détroit. L'Union européenne avait estimé inévitable l'instauration de droits de passage, tandis que la Chine appelait à un transit libre.

Conséquences économiques et diplomatiques

La paralysie du trafic dans le détroit d'Ormuz menace de perturber les marchés énergétiques mondiaux, en particulier les approvisionnements en pétrole brut et en gaz naturel liquéfié. L'ONU avait déjà annoncé l'évacuation de milliers de marins dans le golfe ces dernières semaines. La révocation de l'exemption de sanctions américaines ferme la porte à toute reprise des exportations pétrolières iraniennes. La situation reste extrêmement tendue, avec des risques d'escalade supplémentaire entre Washington et Téhéran.