Le conflit entre les États-Unis et l'Iran a connu une escalade majeure cette semaine. Après que des bâtiments de commerce ont été pris pour cibles dans le détroit d'Ormuz, les forces armées américaines ont lancé des frappes d'envergure sur le territoire iranien, marquant un retournement brutal de la situation sécuritaire dans la région.
Des navires civils visés mardi
Selon des responsables américains et maritimes, au moins trois navires marchands ont été attaqués mardi dans le détroit d'Ormuz par les forces iraniennes. Parmi les cibles figuraient un pétrolier saoudien ainsi qu'un méthanier qatari transportant du gaz naturel liquéfié. Ces actions ont immédiatement provoqué une réaction ferme de Washington.
Washington révoque la dérogation sur le pétrole
En réponse à ces attaques, le gouvernement américain a annulé la dérogation temporaire de sanctions qui avait été accordée à Téhéran dans le cadre d'un mémorandum d'entente signé le mois précédent. Cette mesure avait permis à la République islamique de reprendre ses exportations pétrolières, interrompues par un blocus naval américain. La révocation de cette concession constitue un retour à la politique de pression maximale.
Deux vagues de frappes américaines
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a fait savoir mercredi avoir frappé plus de 80 objectifs en Iran. Ces frappes ont visé des systèmes de défense aérienne, des radars ainsi que plus de 60 embarcations légères utilisées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) pour harceler la navigation commerciale. Le CENTCOM a précisé agir dans le but d'« imposer des coûts élevés pour le ciblage et l'attaque de navires commerciaux occupés par des civils innocents dans une voie navigable internationale ».
Jeudi, une deuxième salve de frappes a été menée, portant cette fois sur environ 90 cibles supplémentaires. Ces opérations successives témoignent d'une intensification des moyens déployés par l'armée américaine.
L'Iran riposte contre les pays du Golfe
Téhéran n'a pas tardé à répliquer. Selon des informations concordantes, des missiles iraniens ont été lancés mercredi contre des pays du Golfe. Des sirènes d'alerte et des explosions ont été signalées au Bahreïn et au Koweït. De nouvelles frappes ont été rapportées jeudi, élargissant le théâtre des hostilités.
Le trafic maritime à nouveau paralysé
Le détroit d'Ormuz, voie de transit essentielle pour le transport mondial d'hydrocarbures, avait retrouvé une activité régulière après l'accord de cessez-le-feu. Mais cette reprise a été de courte durée : le trafic s'est de nouveau interrompu, selon des données de suivi maritime. Le blocage de ce passage stratégique risque d'avoir des conséquences immédiates sur les marchés de l'énergie et la sécurité des approvisionnements.
Une escalade aux implications régionales
L'embrasement de ces dernières heures survient après des semaines de tensions croissantes autour du détroit d'Ormuz. Téhéran avait contesté des accords maritimes datant de 1968 et mis en garde contre tout franchissement non autorisé. Les Gardiens de la révolution avaient multiplié les avertissements, tandis que les États-Unis qualifiaient d'« inacceptables » les projets iraniens de péage. Le Qatar avait accusé l'Iran d'être « entièrement responsable » des attaques précédentes. Parallèlement, des propositions alternatives, comme celle d'Oman visant à instaurer des droits de passage, n'avaient pas abouti face aux réserves américaines. L'Europe avait jugé inévitable l'instauration de tels droits, mais la voie diplomatique semble désormais marginalisée par la reprise des combats.