Gene Shalit, le critique de cinéma et chroniqueur culturel du « Today Show » de NBC, est décédé à l’âge de 100 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle, précisant qu’il est « décédé paisiblement après 100 ans d’une vie incroyable ».
Avec sa moustache en guidon, ses cheveux volumineux, ses lunettes à monture noire et ses nœuds papillons extravagants, Shalit était l’une des personnalités les plus reconnaissables du paysage audiovisuel américain. Il a rejoint le « Today Show » en tant que collaborateur en 1970, avant d’en devenir le rédacteur artistique en 1973. Il y a animé sa célèbre rubrique « Critic’s Corner » pendant quatre décennies, jusqu’à son départ en 2010. À cette époque, il était l’un des derniers critiques de cinéma très en vue sur une grande chaîne nationale.
Un style inimitable
Son style, à la fois lettré et loufoque, reposait sur un goût prononcé pour les jeux de mots et les formules choc. Pour le film « Ishtar » (1987), il avait lancé : « Ishtar ish tarrible ! » (« Ishtar est terrible ! »). À propos de « The Longest Yard » (1974), il avait suggéré : « Ce film devrait être pénalisé de la moitié du terrain – deux fois ! » Quand est venu le tour de « Hudson Hawk » (1991), il avait prévenu : « Ce film est affreux, orthographié s-c-a-n-d-a-l-e u-x. »
Un pionnier de la critique télévisée
Guy Ludwig, qui fut son producteur pendant plus de vingt ans, a souligné que « ce qui résonnait au-delà de son apparence inhabituelle, c’était son incroyable esprit, sa remarquable intelligence. Il ne vous assommait pas avec ça. Il vous amusait. Il vous éclairait et vous amusait, quel que soit le sujet. »
L’arrivée de Shalit sur le petit écran a contribué à ouvrir la voie à d’autres émissions de critiques cinématographiques. Ce n’est pas un hasard si le programme local de Chicago de Roger Ebert et Gene Siskel, « Sneak Previews », est devenu national sur PBS à la fin des années 1970, et que le concurrent matinal d’ABC, « Good Morning America », a engagé Joel Siegel comme critique de cinéma en 1981.
Gene Shalit laisse derrière lui l’héritage d’un homme qui a su mêler culture populaire et humour décalé, devenant un incontournable des matins américains.