Gianni Infantino s'en prend aux détracteurs du Mondial 2026

À la veille du match d'ouverture de la Coupe du monde 2026, le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, a pris la parole lors d'une conférence de presse au stade Azteca. Interrogé sur les multiples controverses qui entourent le début du tournoi, il a lancé un appel à la modération, invitant les critiques à « se détendre ».

« Il suffit de, vous savez, se détendre, relax », a déclaré Gianni Infantino, alors que les tensions s'accumulent autour de l'organisation américaine de l'événement. Ses propos interviennent après une série d'incidents diplomatiques et de refus d'entrée sur le territoire américain.

Un arbitre somalien refoulé à la frontière

L'un des épisodes les plus marquants concerne l'arbitre somalien Omar Artan, qui a été interrogé pendant onze heures à l'aéroport international de Miami avant d'être refoulé. Considéré comme le meilleur arbitre d'Afrique, il a vu son rêve de participer à la Coupe du monde s'effondrer. Un responsable américain a justifié cette décision en affirmant que l'arbitre avait des liens présumés avec des « organisations terroristes » dans son pays d'origine.

Interrogé sur ce cas, Gianni Infantino a qualifié la situation d'« malheureuse », ajoutant que la Fifa ne « contrôle pas tout ». « Nous essayons, nous discuterons, nous parlerons, nous verrons », a-t-il ajouté, sans exprimer de soutien explicite à l'officiel ni de regret quant à la décision américaine.

Visas refusés et équipes contraintes de changer de base

Les difficultés ne se limitent pas à ce seul cas. L'Irakien Aymen Hussein, attaquant de la sélection nationale, a été retenu plusieurs heures à l'aéroport de Chicago avant d'être finalement autorisé à entrer. Par ailleurs, l'équipe d'Iran a été contrainte de délocaliser son camp de base au Mexique. Les supporters iraniens ont également vu tous leurs billets annulés par les autorités américaines, et certains membres de la délégation se sont vu refuser des visas.

Face à ces questions, Gianni Infantino a choisi de recentrer le débat sur la coopération avec les États-Unis. Il a défendu le président américain Donald Trump, affirmant qu'une Coupe du monde aux États-Unis serait « impossible » sans lui.

Un parallèle historique contesté

Pour justifier la position de la Fifa, le président a évoqué l'organisation de la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Il a rappelé que le gouvernement britannique avait alors envisagé d'interdire l'entrée à la Corée du Nord, craignant des répercussions diplomatiques. Finalement, après une mise en garde de la Fédération anglaise de football, les joueurs nord-coréens avaient été admis. « Trouveriez-vous normal que la Fifa dicte au gouvernement britannique qui laisser entrer dans le pays et qui ne pas laisser entrer ? », a-t-il interrogé.

Les conséquences de cette communication

Les déclarations de Gianni Infantino suscitent des réactions contrastées. Ses partisans saluent une tentative d'apaisement, tandis que ses détracteurs dénoncent une minimisation des problèmes réels. Les incidents visaient notamment la sécurité et la souveraineté des États-Unis, mais ont porté un coup à l'image du tournoi avant même son coup d'envoi.

La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, est la première à se dérouler dans trois pays. Les tensions diplomatiques actuelles pourraient compliquer la suite de l'événement, alors que des milliers de supporters et de délégations sont attendus sur le sol américain.