À quelques semaines de l’audience en appel du Rassemblement national, la présidente du Conseil italien a tenu à clarifier sa relation avec la dirigeante française. Giorgia Meloni a affirmé ces derniers jours qu’elle respectait Marine Le Pen, tout en prenant soin de marquer une différence nette avec certaines de ses positions.

« Je ne suis pas quelqu’un qui croit à tout ce qu’elle dit », a déclaré la Première ministre italienne, citée par plusieurs sources. Cette phrase résume la distanciation qu’elle entend instaurer avec la chef de file du RN, alors que les deux formations siègent côte à côte au sein du groupe des Conservateurs et réformistes européens. Giorgia Meloni a également refusé d’évoquer la situation judiciaire de Marine Le Pen, condamnée en première instance pour détournement de fonds européens et dont l’appel doit être examiné dans les mois à venir.

Ce positionnement intervient dans un contexte où la responsable italienne cherche à renforcer sa crédibilité sur la scène européenne, en évitant d’apparaître comme une alliée trop proche de la droite radicale française. Alors que Marine Le Pen multiplie les interventions publiques pour préparer sa défense judiciaire et politique, Giorgia Meloni semble vouloir préserver une marge de manœuvre diplomatique.

Les relations entre les deux femmes politiques étaient jusqu’ici marquées par une proximité idéologique sur des sujets comme la souveraineté nationale ou la lutte contre l’immigration illégale. Mais les déclarations récentes de la dirigeante italienne suggèrent que cette alliance n’est pas exempte de réserves. En refusant de s’immiscer dans le dossier judiciaire français, elle évite également de froisser les sensibilités de son propre gouvernement de coalition.

Reste à savoir si cette distance se confirmera lors des prochains rendez-vous électoraux européens, où les deux partis pourraient être amenés à coopérer. Pour l’heure, Giorgia Meloni a choisi un ton mesuré, entre respect affiché et prudence calculée.