Le passage à un modèle de facturation basé sur l'utilisation réelle de l'intelligence artificielle pour GitHub Copilot, annoncé en avril, est entré en vigueur et provoque un choc tarifaire chez de nombreux abonnés. Sur les forums et les réseaux sociaux, des développeurs partagent leurs premiers constats : leur consommation en une seule journée de travail dépasse parfois l'intégralité du quota mensuel de « crédits IA » auquel ils ont droit.

Un changement de logique radical

Jusqu'à présent, les abonnés à GitHub Copilot disposaient d'un nombre fixe de « requêtes » et de « requêtes premium » selon leur formule d'abonnement. GitHub justifiait l'abandon de ce système en expliquant qu'« une question rapide dans le chat et une session de codage autonome de plusieurs heures coûtaient le même prix à l'utilisateur », ce qui obligeait la plateforme à « absorber l'essentiel du coût d'inférence croissant derrière cette utilisation ». Le nouveau modèle vise à lier la facturation au volume réel de tokens (entrée et sortie) traités par les modèles de langage sous-jacents.

Des crédits qui fondent vite

Dans le détail, le nouveau barème prévoit qu'un crédit équivaut à 0,01 dollar d'utilisation. La formule Pro à 10 dollars par mois inclut 1 500 crédits (soit 15 dollars de consommation potentielle). La version Pro+ à 39 dollars mensuels en offre 7 000 crédits (70 dollars). Enfin, l'offre Copilot Max à 100 dollars par mois intègre 20 000 crédits (200 dollars).

Le nombre de crédits consommés par une requête dépend du modèle choisi et du nombre de tokens traités. Un million de tokens de sortie sur le modèle GPT-5.4 nano d'OpenAI coûte ainsi 1,25 dollar sur Copilot, tandis que la même quantité sur GPT-5.5, un modèle plus avancé, revient à 30 dollars. Les utilisateurs qui laissent le mode « Auto » sélectionner automatiquement le modèle le plus adapté doivent être particulièrement vigilants : plusieurs témoignages font état de bascules vers des modèles onéreux pour des requêtes pourtant très simples.

Un choc pour les gros utilisateurs

Certains abonnés ont partagé des estimations issues d'un outil mis à disposition par GitHub montrant que leur utilisation passée, sous l'ancien système forfaitaire, aurait généré des factures de plusieurs milliers de dollars avec la nouvelle grille. Un prompt unique et complexe a, par exemple, consommé 171 crédits, tandis qu'un autre en a brûlé 700. Un test réalisé sur un projet simple — la génération d'un jeu de démineur — a utilisé environ 94 crédits via le modèle Claude Haiku 4.5. Ce chiffre illustre à quel point les coûts peuvent rapidement s'envoler dès que les demandes portent sur des modifications majeures ou la revue de code sur des bases complexes.

Des réactions vives

Sur les plateformes communautaires, des messages évoquent un système qu'ils jugent « une blague », certains allant jusqu'à déclarer que la plateforme « a offert un nouveau client à ChatGPT ». Les critiques portent sur la rapidité avec laquelle le quota mensuel est épuisé, plusieurs développeurs affirmant avoir vidé leur stock de crédits en moins d'une journée. « Pas même une journée complète d'utilisation », résume l'un d'eux.

GitHub n'a pas commenté ces réactions dans l'immédiat. Le groupe semble parier sur la transparence de son outil d'estimation, mais la réalité de la facturation, désormais effective, pourrait pousser une partie des utilisateurs à revoir leurs habitudes ou à explorer d'autres solutions. L'entreprise souligne que ce nouveau modèle reflète plus justement le coût réel de l'inférence des modèles d'IA, un poste de dépense devenu central pour les四大 fournisseurs de services cloud.