Un levier pour reprendre la main sur l’information
Google a officiellement lancé en France une nouveauté baptisée « Sources préférées ». Celle-ci permet aux utilisateurs connectés à leur compte Google de sélectionner les sites d’actualité en lesquels ils ont confiance. Une fois cette liste établie, les articles issus de ces sources sont mis en avant dans les résultats de recherche et dans l’onglet « À la une », occupant une place plus visible.
La fonctionnalité est accessible via une page dédiée. Pour en bénéficier, il suffit d’être connecté à son compte Google et de choisir parmi les sites qui publient régulièrement de l’information. Si un site ne met pas à jour son contenu assez fréquemment, il n’apparaît pas dans la liste des sources éligibles.
Un contexte de défiance envers la qualité de l’information
Ce dispositif intervient dans un climat où la désinformation et les contenus de faible qualité — qualifiés parfois de « slop » — se multiplient en ligne. Google lui-même reconnaît que de nombreuses pages sont désormais produites de manière automatisée, que des noms de domaine sont usurpés et que des articles trompeurs circulent largement. L’entreprise présente les « Sources préférées » comme un moyen de redonner du pouvoir aux internautes face à cette dégradation perçue de l’environnement informationnel.
Des effets mesurés, mais aucun tableau de bord pour les éditeurs
Selon les informations fournies par Google, les internautes qui ajoutent un site à leur liste de sources préférées sont « deux fois plus susceptibles de cliquer » vers ce site. Cette donnée est issue d’observations internes, mais elle ne signifie pas pour autant un doublement du trafic global : il s’agit d’une probabilité de clic accrue, pas d’un gain de volume garanti.
Pour les webmasters, l’absence d’outil de mesure est un point d’interrogation. Google n’a en effet pas mis à disposition de tableau de bord permettant de savoir quels utilisateurs ont ajouté un site en source préférée, ni d’évaluer l’impact réel de cette fonctionnalité sur le trafic. Les éditeurs peuvent néanmoins promouvoir l’option sur leur propre site, via un bouton ou un lien pré-rempli que Google met à leur disposition dans sa documentation destinée aux développeurs.
Un déploiement en cours et un nombre déjà conséquent de sélections
La fonctionnalité, qui se déploie progressivement en France et en français, a déjà été utilisée par de nombreux internautes. Selon des données partagées par Google, plus de 200 000 sites auraient été sélectionnés par les utilisateurs depuis le lancement initial du dispositif.
Quels changements pour le référencement ?
Google précise que les « Sources préférées » n’ont pas pour vocation d’améliorer le référencement général d’un site. Il ne s’agit pas d’un signal de classement universel : seuls les utilisateurs qui ont explicitement ajouté une source verront celle-ci remonter dans leurs propres résultats. Le reste des internautes continue de voir les résultats classiques, sans modification. L’outil agit donc comme un filtre personnel, non comme un levier de SEO global.
Comment ajouter un site ?
La procédure est simple : l’internaute se connecte à son compte Google, se rend sur la page de gestion des sources préférées, puis recherche et sélectionne les sites de son choix. La liste est ensuite synchronisée sur tous les appareils associés au compte. Google encourage les éditeurs à informer leurs lecteurs de l’existence de cette option, afin que ceux-ci puissent, s’ils le souhaitent, renforcer la visibilité des contenus qu’ils jugent fiables.