Alphabet, la maison mère de Google, planche sur un nouveau processeur conçu spécifiquement pour rendre ses modèles d'intelligence artificielle Gemini plus performants et moins gourmands en ressources. Cette puce, désignée en interne sous le nom de code « Frozen v2 », serait destinée aux centres de données et pourrait être commercialisée à partir de 2028, selon des informations concordantes.

Le projet, qui s'inscrit dans la stratégie de long terme de Google en matière de matériel dédié à l'IA, vise à réduire les coûts de calcul tout en améliorant la vitesse d'exécution des algorithmes. D'après des sources proches du dossier, le gain d'efficacité attendu serait significatif, bien que les chiffrages précis n'aient pas été divulgués. Cette annonce intervient alors que la concurrence s'intensifie entre les géants de la tech pour maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur, du silicium aux logiciels.

Réaction du marché

Dès la diffusion de ces informations, l'action Google (Alphabet) a enregistré une hausse, les investisseurs saluant cette perspective d'optimisation des infrastructures. Le titre a clôturé en territoire positif, signe que le marché perçoit favorablement les investissements dans le matériel propriétaire, susceptibles de réduire la dépendance aux fournisseurs externes et d'améliorer les marges sur les services d'IA.

Un écosystème matériel-logiciel

Google ne part pas de zéro : la firme a déjà développé ses propres unités de traitement tensoriel (TPU) pour l'apprentissage automatique. Frozen v2 constituerait une évolution majeure, taillée sur mesure pour les charges de travail des modèles Gemini, qui nécessitent une puissance de calcul colossale. Le recours à des puces sur mesure permet également de mieux contrôler la consommation énergétique, un enjeu de taille alors que les data centers voient leur demande électrique exploser.

Des modèles également dévoilés

Parallèlement à ces travaux sur le silicium, Google a présenté, le 21 juillet, trois nouvelles versions de ses modèles Gemini. Gemini 3.6 Flash est présenté comme le plus puissant à ce jour, tandis que Gemini 3.5 Flash Cyber a été affiné pour la cybersécurité, capable de détecter et de corriger des vulnérabilités à moindre coût. Une version allégée, Gemini 3.5 Flash-Lite, cible la gestion d'agents autonomes. Tulsee Doshi, directrice senior de la gestion produit chez Google, a indiqué que ces modèles visent « le juste équilibre entre efficacité et qualité ». La firme travaille également sur Gemini 3.5 Pro, annoncé comme son système le plus performant, mais toujours en phase de test.

Un calendrier ambitieux

Si la puce Frozen v2 n'est attendue que dans deux ans, les premières retombées des optimisations logicielles sont déjà visibles. Google entend maintenir la pression sur ses concurrents, comme OpenAI et Anthropic, qui misent eux aussi sur des infrastructures dédiées. La combinaison d'un matériel sur mesure et de modèles toujours plus efficaces pourrait donner un avantage décisif à Alphabet dans la course à l'intelligence artificielle.

L'entreprise n'a pas officiellement commenté les détails du projet de puce, mais la dynamique actuelle suggère que l'investissement dans le hardware reste un pilier central de sa feuille de route technologique.