Un collectif transpartisan de quinze personnalités politiques a publié une tribune dans laquelle il exprime son opposition ferme à la gestation pour autrui (GPA). La ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, figure parmi les signataires de ce texte qui rassemble des voix venues d'horizons politiques variés.
Cette prise de position intervient dans un contexte de débat ravivé au sein de la majorité présidentielle. Le candidat à la primaire de Renaissance, Gabriel Attal, avait en effet déclaré souhaiter la réouverture des discussions sur une « GPA éthique », une hypothèse que la tribune entend contrer.
Le texte dénonce les dérives potentielles de la GPA, qu'il considère comme une marchandisation du corps des femmes et une atteinte à la dignité humaine. Les signataires appellent à ne pas céder aux sirènes d'une libéralisation qui, selon eux, ouvrirait la voie à des pratiques contraires aux valeurs fondamentales de la société française.
Un front commun inédit
La tribune se distingue par son caractère transpartisan. Aux côtés d'Aurore Bergé, on trouve des élus de la droite républicaine, des socialistes, des écologistes et des représentants de la société civile. Cette diversité témoigne d'un consensus sur le sujet de la GPA qui dépasse les clivages partisans habituels.
Les signataires insistent sur la nécessité de protéger les femmes des pressions économiques et sociales qui pourraient les conduire à accepter une grossesse pour autrui. Ils mettent en garde contre les risques d'exploitation et de traite des êtres humains que pourrait générer une légalisation, même encadrée, de cette pratique.
Un débat ravivé par la campagne
La sortie de Gabriel Attal sur la « GPA éthique » avait relancé les discussions au sein de la majorité. Le candidat à la primaire de Renaissance estimait qu'il était temps d'aborder sereinement la question, en distinguant la GPA altruiste de la GPA commerciale, interdite en France.
La tribune des quinze personnalités politiques répond directement à cette proposition en affirmant qu'aucune forme de GPA ne saurait être acceptable. Pour les signataires, même la GPA dite « éthique » ou « altruiste » repose sur une instrumentalisation du corps féminin incompatible avec les principes républicains.
Une opposition qui s'ancre
Cette initiative s'inscrit dans une série de prises de position récentes contre la GPA. Plusieurs associations féministes et familiales se sont également mobilisées pour alerter sur les conséquences d'une éventuelle légalisation. Le débat, qui semblait jusqu'ici cantonné aux spécialistes de bioéthique, s'invite désormais dans la campagne pour la primaire de Renaissance.
Les signataires espèrent que leur texte contribuera à éclairer le débat public et à dissuader les décideurs politiques de franchir le pas. Ils rappellent que la France est aujourd'hui l'un des pays européens les plus restrictifs en matière de GPA, et que cette position a été confirmée à plusieurs reprises par le législateur.
Des voix discordantes
Malgré ce front uni, la question de la GPA continue de diviser la classe politique. Des voix, notamment au sein de la majorité présidentielle, estiment qu'une réflexion approfondie serait nécessaire pour adapter le droit aux évolutions de la société et aux avancées médicales. Les partisans d'une ouverture du débat mettent en avant les souffrances des couples infertiles et le tourisme procréatif, qui pousse certains Français à se rendre à l'étranger pour recourir à la GPA.
La tribune des quinze personnalités politiques pourrait relancer les échanges sur ce sujet sensible, à l'approche des échéances électorales qui s'annoncent.