Le Syndicat des travailleureuses du jeu vidéo (STJV) a donné le coup d'envoi d'une grève nationale ce jeudi 25 juin 2026, accompagnée de piquets de grève devant les locaux de deux studios emblématiques. Les salariés de Quantic Dream, à Paris, et de Mdgar, à Montpellier, se sont mobilisés pour dénoncer une dégradation de leurs conditions de travail. Le STJV appelle l'ensemble des professionnels du secteur à se joindre au mouvement tout au long de l'été.
« Il est urgent de se mobiliser, nos vies sont en jeu », a déclaré le syndicat, qui dénonce une « précarisation » du secteur. Cette action syndicale vise à alerter sur l'augmentation des contrats précaires, les heures supplémentaires non rémunérées et le manque de reconnaissance salariale dans une industrie pourtant lucrative. Selon le STJV, les salariés subissent une pression constante liée aux cycles de production et aux restructurations fréquentes.
Des piquets symboliques devant les studios
Les rassemblements se sont concentrés sur deux sites représentatifs de la diversité du jeu vidéo français. À Paris, les employés de Quantic Dream, studio connu pour ses productions narratives, ont observé une interruption de travail. À Montpellier, c'est autour du studio Mdgar que les salariés se sont réunis. Ces actions marquent le début d'une mobilisation que le syndicat souhaite durable : l'appel à la grève court sur toute la période estivale, avec l'objectif de peser sur les négociations à venir.
Un secteur en pleine mutation
Le mouvement s'inscrit dans un contexte de transformations rapides pour l'industrie du jeu vidéo en France. Entre l'essor de l'intelligence artificielle, les délocalisations et la multiplication des fermetures de studios, les travailleurs estiment que leur situation se dégrade. Le STJV dénonce notamment un recours accru aux CDD et au statut de freelance, qui fragilise la sécurité de l'emploi et l'accès aux droits sociaux.
Une réponse syndicale inédite
Cette grève nationale constitue l'une des premières actions d'envergure coordonnée par le STJV à l'échelle du pays. Le syndicat, créé il y a quelques années, a gagné en influence en fédérant les salariés de nombreux studios. Il réclame une revalorisation des grilles salariales et un meilleur encadrement du temps de travail. Les prochains jours devraient voir d'autres arrêts de travail dans différentes entreprises du secteur, si l'appel est suivi.
Les revendications du STJV trouvent un écho auprès d'une partie des professionnels, mais aucun chiffre sur le taux de participation n'a été communiqué pour l'instant. La direction des studios concernés n'a pas répondu aux sollicitations.