La tension ne faiblit pas autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport pétrolier mondial. Alors que l’Iran vient de réitérer son interdiction formelle de toute traversée sans son accord, l’ONU a dans le même temps annoncé la suspension de l’évacuation des milliers de marins bloqués dans la zone depuis plusieurs mois.
Une mise en garde claire de Téhéran
Les autorités iraniennes ont adressé un ultimatum aux armateurs internationaux : tout navire souhaitant emprunter le détroit d’Ormuz doit désormais obtenir une autorisation explicite de Téhéran, faute de quoi il sera considéré comme illégal. Les gardiens de la Révolution ont été chargés de faire appliquer cette directive. Dans un communiqué, un porte-parole de ce corps d’élite a déclaré que « tout navire traversant le détroit doit contacter les gardiens de la Révolution. Les navires qui ne se conformeront pas seront traités comme illégaux ». Cette déclaration marque un durcissement notable après les récentes tentatives de reprise du trafic, entamées à la suite de l’accord entre l’Iran et les États-Unis.
Parallèlement, Téhéran accuse Washington de vouloir « piétiner » cet accord, estimant que la présence de navires de guerre américains dans la région constitue une violation des termes conclus. Le guide suprême iranien a menacé de représailles si les États-Unis ne respectaient pas leurs engagements.
L’ONU contrainte de suspendre l’évacuation
L’Organisation des Nations unies, qui avait lancé le 24 juin une opération d’évacuation de plus de 11 000 marins bloqués depuis quatre mois sur des centaines de navires immobilisés au large des côtes iraniennes, a dû mettre en pause cette mission. La cause : une attaque survenue dans le golfe d’Oman, dont les circonstances précises restent encore floues mais qui a compromis la sécurité de l’opération. Les rotations de navires prévues pour rapatrier les marins ont été interrompues le temps d’évaluer les risques.
Cette suspension aggrave la situation humanitaire des équipages, composés de ressortissants de multiples nationalités, qui endurent des conditions difficiles depuis des mois. Les syndicats maritimes avaient déjà alerté sur l’urgence de leur rapatriement, dénonçant un abandon progressif de la part des compagnies.
Un trafic toujours fragile
Malgré l’accord irano-américain qui avait permis à quelques pétroliers de franchir le détroit à partir de la mi-juin, le trafic reste atone. Les nouvelles exigences iraniennes et l’insécurité dans le golfe d’Oman dissuadent la plupart des armateurs de tenter le passage. Seuls quelques navires, dont un méthanier français, avaient osé emprunter la voie maritime, mais l’espoir d’une reprise durable s’éloigne.
La communauté internationale observe avec inquiétude ce nouveau blocage, qui menace de perturber lourdement les approvisionnements énergétiques mondiaux, alors que l’Irak espérait retrouver sa production pétrolière d’avant-guerre dans un délai d’un à deux mois. L’ONU a appelé à la retenue et à une reprise des négociations, mais pour l’heure, les positions iraniennes et américaines restent inflexibles.