Un nouveau drame lié aux violences par armes à feu endeuille la Guadeloupe. Mardi 30 juin au soir, des coups de feu ont retenti à proximité d'un établissement de la commune de Capesterre-Belle-Eau. Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, cette fusillade a coûté la vie à deux femmes et blessé quatre autres personnes, parmi lesquelles se trouve un enfant.
La procureure de la République de Basse-Terre, Stéphanie Bazart, a indiqué que des « tirs multiples » avaient eu lieu à l'extérieur d'un bar de la ville. Les victimes blessées ont été transportées à l'hôpital, certaines dans un état jugé préoccupant. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire et confiée à la police judiciaire. Le parquet a précisé que les investigations devront établir les circonstances exactes et les motivations des tireurs.
Piste du règlement de comptes
D'après des informations recueillies auprès de plusieurs sources, l'hypothèse d'un règlement de comptes est actuellement privilégiée par les enquêteurs. Le territoire guadeloupéen est régulièrement le théâtre d'affrontements liés au trafic de stupéfiants, phénomène qui alimente une circulation massive d'armes à feu.
Annulation de la fête patronale
Face à ce drame, le maire de Capesterre-Belle-Eau, Jean-Philippe Courtois, a pris la décision d'annuler la fête patronale qui devait débuter ce mercredi 1er juillet au soir. Il a également appelé à une mobilisation renforcée pour endiguer la prolifération des armes sur le territoire.
De nombreuses réactions politiques ont suivi cette fusillade. Le président de l'association des maires de Guadeloupe, Jocelyn Sapotille, a estimé que ce drame devait « provoquer un véritable sursaut » de l'État, de la société, des familles et des élus. Les représentants locaux du Parti socialiste ont également réagi, soulignant que « la toile de fond probable du narcotrafic ne fait que renforcer la gravité de ce drame ».
Appel à la fermeté
Le directeur du cabinet du préfet de Guadeloupe a assuré que les auteurs de ces tirs seraient recherchés et jugés, mettant en avant le « très bon taux d'élucidation » des affaires criminelles dans l'archipel. Il s'est exprimé sur les ondes d'une radio locale.
Les Antilles françaises sont confrontées depuis plusieurs mois à une inquiétante recrudescence des violences armées, dans un contexte de trafic de drogue. La Guadeloupe et la Martinique sont devenues des points de transit stratégiques entre l'Amérique du Sud, les États-Unis et l'Europe, ce qui alimente un marché illicite florissant et des règlements de comptes. Les autorités appellent à une prise de conscience collective pour endiguer ce fléau.