L'entreprise d'intelligence artificielle Anthropic a obtenu le feu vert du département du Commerce américain pour le déploiement de ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, après avoir consenti à des garde-fous supplémentaires. La levée des restrictions, officialisée par une lettre du secrétaire au Commerce Howard Lutnick, met fin à plusieurs semaines de tensions entre la société californienne et l'administration Trump.
Un compromis sur la sécurité
Pour obtenir ce déblocage, Anthropic s'est engagé à étendre un mécanisme de sécurité existant à un type de comportement identifié dans une étude d'Amazon. D'après des sources proches du dossier, toute tentative d'utilisateur visant à contourner les limitations déclenchera un blocage de la requête et son redirectionnement vers le modèle moins performant Opus 4.8.
Cette nouvelle barrière vise spécifiquement une faille documentée par des chercheurs d'Amazon : des utilisateurs parvenaient à contourner les restrictions posées sur Fable 5 en demandant au modèle de corriger du code, plutôt que d'en identifier les vulnérabilités. Bien que peu alarmants pour les spécialistes en cybersécurité, ces contournements avaient conduit l'administration à imposer des contrôles à l'exportation qui, dans les faits, avaient rendu le modèle inaccessible.
Un feu vert conditionnel
Dans sa correspondance, Howard Lutnick indique qu'« entre autres choses, Anthropic a accepté de détecter et de traiter de manière proactive les risques de sécurité posés par les modèles ». Le département du Commerce a par ailleurs validé le déploiement de Fable 5 après que le Centre pour les normes et l'innovation en IA a jugé les mesures de protection suffisamment robustes pour le moment.
Cette décision marque un apaisement significatif des relations entre Anthropic et l'exécutif américain, après plusieurs mois de bras de fer.
L'ombre du Pentagone
Malgré ce dénouement favorable côté Commerce, l'entreprise reste confrontée à un obstacle majeur. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a confié à ses conseillers ne voir « aucune voie claire » pour lever l'ordre qu'il a lui-même édicté le 28 février, qui désigne Anthropic comme un risque pour la chaîne d'approvisionnement américaine, selon une personne informée de la situation.
Ainsi, si les difficultés les plus immédiates liées aux restrictions commerciales sont surmontées, les problèmes d'Anthropic avec l'administration ne sont pas entièrement réglés. La société doit encore trouver une issue à ce volet défensif qui pourrait continuer à handicaper ses activités.