L’escalade militaire entre Washington et Téhéran ne connaît pas de répit. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre l’Iran au cours de la nuit, la septième d’affilée. Selon un communiqué officiel, ces tirs ont ciblé « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes », sans que des cibles civiles ne soient mentionnées.

Dans la province d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran, les autorités locales ont dénombré au moins trois morts et huit blessés. Des explosions ont également été signalées dans plusieurs autres zones, notamment à Ahvaz, Bouchehr, Bandar Abbas, sur l’île de Qeshm, ainsi qu’à Lar, Darab et Yazd, selon l’agence de presse Irna.

Des représailles iraniennes sur plusieurs théâtres

En riposte, l’armée iranienne a affirmé avoir frappé des installations utilisées par les forces américaines dans trois pays du Golfe. Le camp militaire d’Al-Adiri et la base d’Ali Al-Salem au Koweït, la base aérienne d’Al-Azraq en Jordanie, et celle de Sheikh Isa à Bahreïn ont été visés par des tirs de missiles et de drones, selon des sources officielles iraniennes.

D’après un responsable de l’état-major jordanien cité sur les réseaux sociaux, les défenses aériennes du royaume ont « intercepté et abattu dix missiles iraniens visant le territoire du Royaume », sans faire de victimes ni de dégâts. L’armée koweïtienne a confirmé faire face à des attaques de missiles et de drones, précisant qu’une deuxième centrale électrique et de dessalement avait été touchée. À Bahreïn, des drones explosifs ont été lancés contre des hangars et des aires de stationnement utilisés par l’aviation américaine sur la base de Sheikh Isa, provoquant le déclenchement des sirènes d’alerte.

La menace d’un changement de stratégie

Alors que les bombardements américains se poursuivent sans interruption depuis une semaine, le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a haussé le ton. Il a prévenu que si les frappes américaines se prolongeaient au-delà de « deux à trois jours », l’Iran entrerait dans « une phase d’offensive totale ». « L’Iran ne se contentera plus de riposter, et aucune frontière ne sera à l’abri », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les Gardiens de la Révolution ont prévenu que leurs frappes « se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz », où le trafic maritime est de nouveau quasi paralysé. Ils ont également annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de franchir le détroit.

La France présente en Jordanie et dans la région

La Jordanie, alliée des États-Unis et voisine de l’Iran, se trouve en première ligne. Le royaume hachémite abrite environ 4 000 soldats américains, mais aussi des forces françaises. Selon des informations officielles, 300 militaires français y sont déployés, et plusieurs avions de combat de l’armée de l’air française sont stationnés dans le cadre de l’opération Chammal, au sein de la coalition internationale antijihadiste Inherent Resolve.

Avant le début du conflit, la France disposait déjà d’environ 900 militaires sur trois bases (aérienne, navale et terrestre) aux Émirats arabes unis. Quelques officiers français sont également présents au Koweït, au camp d’Arifjan. Au Liban, 700 militaires français contribuent à la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Dans le cadre de l’opération Chammal, environ 600 soldats sont stationnés au « Levant », dont en Syrie, et un soutien militaire est apporté aux forces irakiennes engagées contre Daesh.

Les pays du Golfe redoutent l’embrasement

Alors que les combats s’intensifient et que les frappes dépassent désormais le seul territoire iranien, les monarchies du Golfe expriment leurs craintes d’une escalade incontrôlée. Le Koweït et Bahreïn, directement touchés par les représailles iraniennes, ont activé leurs systèmes de défense et appellent à la retenue. La situation dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier mondial, reste particulièrement préoccupante.