Les États-Unis ont mené une nouvelle vague de frappes contre l'Iran dans la nuit de vendredi à samedi, portant à sept le nombre de nuits consécutives de bombardements. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir ciblé « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes », sans viser de zones civiles, selon ses déclarations.
Les autorités de la province d'Hormozgan, dans le sud du pays, ont fait état d'au moins trois morts et huit blessés dans ces frappes. Des explosions ont également été signalées dans plusieurs autres localités du sud et du centre de l'Iran, notamment à Ahvaz, Bouchehr, Bandar Abbas, sur l'île de Qeshm, à Lar, Darab ainsi qu'à Yazd, selon les agences de presse iraniennes.
L'Iran riposte en visant des bases alliées
En réplique, l'armée iranienne a affirmé avoir frappé plusieurs sites utilisés par les forces américaines dans la région. Le camp militaire d'Al-Adiri et la base d'Ali Al-Salem au Koweït, la base aérienne d'Al-Azraq en Jordanie, ainsi que la base de Sheikh Isa à Bahreïn ont été ciblés. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont justifié ces attaques en déclarant que les pays hébergeant des troupes américaines devaient « se préparer à recevoir une réponse correspondante » et activer leurs unités de défense civile pour protéger leurs citoyens.
Un responsable de l'état-major jordanien a confirmé que les défenses aériennes du royaume avaient intercepté et abattu dix missiles iraniens sans faire de victimes ni de dégâts. L'armée koweïtienne a indiqué faire face à des attaques de missiles et de drones, précisant qu'une deuxième centrale électrique et de dessalement avait été touchée. À Bahreïn, des drones explosifs ont été lancés contre des hangars et des aires de stationnement de l'aviation américaine sur la base de Sheikh Isa, ont rapporté les médias d'État iraniens.
La menace d'une « offensive totale »
Téhéran a durci le ton à mesure que les bombardements se poursuivent. Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a prévenu que si les frappes américaines continuaient au-delà de « deux à trois jours », l'Iran entrerait dans « une phase d'offensive totale ».
« L'Iran ne se contentera plus de riposter, et aucune frontière ne sera à l'abri », a-t-il ajouté. Les Gardiens de la Révolution ont également annoncé que leurs frappes « se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz », où le trafic maritime est de nouveau quasiment interrompu.
Par ailleurs, les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir stoppé quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, une artère stratégique du transport pétrolier mondial. Selon leurs informations, deux pétroliers auraient « explosé et pris feu » dans ce secteur.
La présence militaire française dans la région
Au cœur de cette escalade, la Jordanie, alliée des États-Unis, abrite environ 4 000 soldats américains. La France y maintient également une présence militaire, avec quelque 300 soldats déployés, ainsi que plusieurs avions de combat dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste Inherent Resolve (opération Chammal). Avant le conflit, Paris comptait déjà 900 militaires répartis sur trois bases (aérienne, navale et terrestre) aux Émirats arabes unis. Des officiers français sont également stationnés au Koweït (camp d'Arifjan) et 700 militaires contribuent à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). En Syrie, environ 600 soldats sont présents dans le cadre de l'opération Chammal, et les forces françaises apportent un soutien militaire aux forces irakiennes engagées contre Daesh.
Le conflit entre les États-Unis et l'Iran continue de s'intensifier, avec des répercussions directes sur les pays voisins du Golfe et sur la sécurité régionale. La menace d'une offensive iranienne d'envergure plane alors que la communauté internationale observe avec inquiétude l'absence de tout signe d'apaisement.