La justice hongroise a classé sans suite les poursuites engagées contre le maire de Budapest, Gergely Karacsony, a confirmé le parquet jeudi 4 juin 2026. L'édile était poursuivi pour avoir autorisé et maintenu la Marche des fiertés de la capitale fin juin 2025, en dépit d'une interdiction prononcée par le gouvernement de l'ancien premier ministre Viktor Orbán.

Cette décision judiciaire marque un nouveau chapitre dans l'évolution du paysage politique hongrois, qui connaît une transition depuis la défaite de Viktor Orbán lors des dernières élections. Selon les éléments disponibles, la tenue de l'événement avait été saluée par une mobilisation record, et le maire avait ironiquement remercié Viktor Orbán d'avoir « fait la promotion d'une société plus tolérante », selon les propos rapportés.

Les chefs d'accusation retenus contre Gergely Karacsony n'ont pas été précisés dans le détail, mais ils faisaient suite à l'application d'une législation limitant les rassemblements en faveur des droits des personnes LGBTQIA+. Le parquet a estimé que les conditions légales n'étaient plus réunies pour poursuivre l'élu municipal.

Cette affaire avait suscité une large attention internationale, les organisations de défense des droits humains dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. L'abandon des poursuites intervient alors que le nouveau gouvernement, issu de la défaite de Viktor Orbán, a annoncé son intention de réformer plusieurs textes controversés, dont ceux relatifs aux libertés publiques et aux droits des minorités.

Gergely Karacsony, figure de l'opposition libérale, avait fait de la défense des droits LGBTQIA+ un axe majeur de son mandat à la tête de la capitale hongroise. La Marche des fiertés de Budapest, traditionnellement suivie par des dizaines de milliers de participants, s'était déroulée dans le calme malgré les restrictions imposées par le précédent exécutif.

La décision de la justice hongroise intervient près d'un an après les faits. Elle pourrait ouvrir la voie à une levée définitive des restrictions imposées par le précédent gouvernement aux manifestations LGBTQIA+ sur l'ensemble du territoire.