L'enquête sur l'incendie du chalet de Crans-Montana, qui a fait plusieurs victimes en décembre 2024, connaît un nouveau rebondissement. Jessica Moretti, déjà mise en cause aux côtés de son époux, fait désormais l'objet d'une inculpation supplémentaire pour avoir produit une fausse facture concernant l'achat de mousse isolante.

Selon des sources proches du dossier, ce document frauduleux aurait été confectionné après le sinistre pour justifier la présence de ce matériau dans le chalet. L'enquête avait précédemment établi que la mousse isolante, hautement inflammable, aurait joué un rôle déterminant dans la rapidité avec laquelle les flammes se sont propagées. Les experts estiment que ce produit a considérablement aggravé le bilan humain et matériel du drame.

Des accusations qui s'accumulent

Jessica Moretti était jusqu'ici inculpée, avec son mari, pour incendie volontaire ayant entraîné la mort. Le couple conteste ces accusations. La nouvelle charge de faux en écriture vient alourdir le dossier, laissant entrevoir une possible tentative d'obstruction à la justice. Les avocats de la prévenue n'ont pas encore commenté cette inculpation.

Parallèlement, la justice suisse a procédé à une confrontation entre les deux époux, une première depuis leur mise en examen. Cette audition conjointe visait à faire la lumière sur les contradictions apparues dans leurs déclarations respectives. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer qui, de l'un ou de l'autre, a pu avoir l'initiative de l'incendie ou de la falsification du document.

La douleur des familles

Dans ce contexte judiciaire dense, la mère d'une des victimes a pris la parole pour réclamer des explications aux époux Moretti. Dans une déclaration publique, elle a exprimé son incompréhension et sa colère face au silence des mis en cause. « Nous voulons savoir pourquoi et comment cela a pu arriver. Leurs avocats parlent à leur place, mais ce sont eux qui doivent répondre », a-t-elle affirmé.

Cette prise de parole illustre le sentiment d'abandon des familles endeuillées, qui peinent à obtenir des réponses claires. Le procès, s'il a lieu, devra démêler les responsabilités pénales, mais aussi civiles, alors que des questions subsistent sur les normes de sécurité applicables à ce type de construction.

Les zones d'ombre persistent

L'affaire, qui a suscité une vive émotion en Suisse et au-delà, reste loin d'être élucidée. Les enquêteurs continuent d'analyser les relevés téléphoniques, les témoignages et les expertises techniques pour recomposer la chronologie des faits. L'inculpation pour fausse facture suggère que les accusés ont pu tenter de maquiller la réalité des matériaux utilisés, ce qui renforce les soupçons de préméditation.

Les prochaines étapes judiciaires pourraient inclure de nouvelles confrontations ou des compléments d'expertise. En attendant, les parties civiles et les proches des disparus attendent que la lumière soit faite sur ce qu'ils considèrent comme un acte criminel dont les motivations restent obscures.