Nouvelles inculpations pour l’incendie du complexe Wang Fuk Court

Le gouvernement de Hong Kong a officiellement porté des accusations contre sept individus et deux entreprises, près de sept mois après la catastrophe qui avait ravagé sept tours d’habitation du quartier de Wang Fuk Court, dans le nord de la ville. Les charges retenues comprennent notamment l’homicide involontaire, la conspiration en vue de frauder, le blanchiment d’argent, la tentative d’entrave à la justice et la fraude fiscale, pour un total de vingt-cinq chefs d’accusation, selon un communiqué officiel.

L’enquête, menée conjointement par la police et la Commission indépendante contre la corruption, constitue la première phase de poursuites judiciaires liées à ce sinistre. Les autorités n’ont pas divulgué l’identité des personnes physiques et morales mises en cause, ni précisé les infractions imputées à chacun. Des demandes d’éclaircissements adressées aux responsables sont restées sans réponse dans l’immédiat.

Les responsabilités pointées lors des auditions

Selon les conclusions des investigations rendues publiques en décembre dernier, des entrepreneurs réalisant des travaux de rénovation obligatoires par le gouvernement sur le site auraient enveloppé les bâtiments dans un filet de protection de qualité insuffisante, avant de tenter de dissimuler leur négligence. Les systèmes d’alarme incendie des tours ne fonctionnaient pas correctement, et des matériaux de construction – notamment le filet et des revêtements de fenêtre en polystyrène – auraient accéléré la propagation des flammes.

Les sept personnes inculpées mercredi occupaient différents postes dans le projet de rénovation : elles incluent des directeurs et un inspecteur de la société de conseil, ainsi que des dirigeants de l’entreprise générale de travaux. Les auditions menées par une commission d’enquête indépendante nommée par le gouvernement ont mis en évidence des défaillances humaines. Victor Dawes, avocat principal de l’enquête, a témoigné que des « erreurs humaines », comme la désactivation des alarmes incendie lors des travaux, ont retardé l’évacuation alors que le feu se propageait.

Des témoignages accablants

Au cours des audiences, qui ont mobilisé des centaines de dépositions et plus d’un million de pièces à conviction (messages WhatsApp, enregistrements d’appels d’urgence), les résidents du complexe avaient alerté durant des mois sur la présence d’ouvriers fumant près de débris de chantier, ainsi que sur la dangerosité des matériaux enveloppant les immeubles. D’autres éléments ont révélé que des fenêtres des cages d’escalier d’évacuation avaient été retirées, facilitant la circulation des flammes, et que des réservoirs d’eau avaient été vidés.

Un lourd bilan et l’attente des familles

L’incendie du 18 novembre 2025, alimenté par des matériaux inflammables, a brûlé avec une telle intensité que les pompiers ont lutté plusieurs jours pour l’éteindre, et que les restes de certaines victimes ont été calcinés au point d’être méconnaissables. Ce sinistre est le plus meurtrier qu’ait connu Hong Kong depuis soixante-dix ans.

Les survivants et les proches des 168 disparus attendaient depuis des mois des précisions sur les responsabilités. La police avait déjà procédé à l’arrestation de dizaines de personnes dans le cadre de cette affaire. Ces premières inculpations constituent une étape clé dans la recherche de justice pour les familles endeuillées.