Un incident grave est survenu lundi après-midi à l'aéroport de Francfort, en Allemagne, où le train d'atterrissage avant d'un Boeing 787 de la compagnie Lufthansa s'est subitement affaissé alors que l'appareil se trouvait au sol, sur le tarmac. Plusieurs employés de la compagnie aérienne ont été blessés dans cet événement, sans que leur pronostic vital ne soit engagé, selon les premières informations communiquées par la direction.

Les faits se sont produits alors que l'avion, qui venait d'arriver à son parking, était en cours de préparation pour un prochain vol. Le nez de l'appareil a brusquement plongé vers le sol, provoquant l'effondrement de la partie avant du fuselage. Les équipes au sol qui se trouvaient à proximité ont été prises par surprise. Lufthansa a confirmé que des membres de son personnel avaient été blessés, sans préciser leur nombre exact ni la gravité de leurs blessures. Les services de secours de l'aéroport sont rapidement intervenus sur place.

La compagnie aérienne a annoncé l'ouverture d'une enquête immédiate pour déterminer les causes de cet incident. « Des experts sont actuellement sur place et inspectent l'appareil », a indiqué un porte-parole de Lufthansa. L'avion, un Boeing 787 immatriculé D-ABPA, est un des appareils long-courrier de la flotte de la compagnie allemande. Il était stationné sur une aire de stationnement éloignée du terminal passagers, ce qui a permis de limiter les perturbations du trafic aérien.

Des précédents inquiétants pour le Boeing 787

Cet incident n'est pas le premier du genre impliquant le train avant du Boeing 787. Plusieurs cas d'affaissement soudain du nez de l'appareil ont été rapportés ces dernières années dans différentes compagnies aériennes. En 2019, un Boeing 787 de la compagnie Air India avait connu une panne similaire alors qu'il roulait au sol à l'aéroport de Delhi. Plus récemment, en 2022, un Dreamliner de la compagnie United Airlines avait vu son train avant céder alors que des passagers se trouvaient à bord, à l'aéroport de Houston. Ces incidents avaient été attribués à des problèmes techniques, notamment des défaillances de la valve hydraulique du train d'atterrissage ou des erreurs de maintenance.

Les enquêtes menées par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) américain et l'Agence fédérale de l'aviation (FAA) avaient alors conduit à des recommandations de sécurité renforcées, mais sans remettre en cause la certification de l'appareil. Le Boeing 787, lancé en 2011, est un des avions long-courrier les plus vendus au monde. Il est équipé d'un train d'atterrissage avant complexes, dont les vérins hydrauliques peuvent parfois subir des fuites ou des blocages. En 2023, la FAA avait émis une consigne de navigabilité imposant des inspections renforcées sur un composant du train avant de certains Dreamliner.

Réaction de Lufthansa et des autorités

Lufthansa a indiqué que tous les vols concernés avaient été redirigés vers d'autres portes d'embarquement et que les opérations aéroportuaires se poursuivaient normalement. La compagnie a également précisé que les employés blessés avaient été pris en charge par les services médicaux de l'aéroport et que leur état était stable. « Nous sommes en contact avec les familles des employés concernés et nous leur apportons tout notre soutien », a ajouté le porte-parole.

Les autorités aéroportuaires de Francfort ont, de leur côté, lancé une enquête interne. Le parquet de Francfort pourrait être saisi si une négligence ou une infraction aux règles de sécurité était établie. L'enquête technique, menée conjointement par Lufthansa et les experts de l'aviation civile allemande (Luftfahrt-Bundesamt), devrait déterminer si une défaillance mécanique est à l'origine de l'effondrement ou si une erreur humaine a pu jouer un rôle.

Impact sur les opérations

L'aéroport de Francfort, hub principal de Lufthansa, a connu des perturbations limitées. L'avion endommagé a été immobilisé sur son emplacement. Des opérations de relevage de l'appareil ont été mises en place pour permettre son remorquage vers un hangar de maintenance. Les vols au départ de Francfort ont été maintenus, mais quelques retards ont été signalés en raison de la réorganisation des parkings.

Cet incident rappelle les risques auxquels sont confrontés les personnels au sol dans les aéroports, souvent exposés à des situations dangereuses lors des opérations de maintenance embarquée. Le syndicat Verdi, principal syndicat du secteur aérien en Allemagne, a appelé à une enquête approfondie « pour que toute négligence soit sanctionnée et que la sécurité des employés soit garantie à l'avenir ». Lufthansa a assuré qu'elle coopérerait pleinement avec toutes les autorités compétentes et que la sécurité de ses passagers et de son personnel restait sa priorité absolue.

L'avion concerné, un Dreamliner de type 787-9, avait été livré à Lufthansa en 2015. Il était régulièrement entretenu selon les calendriers prévus. La compagnie dispose d'une flotte de 17 Boeing 787, qu'elle utilise principalement sur les lignes long-courrier vers l'Amérique du Nord et l'Asie. L'incident de Francfort pourrait entraîner une inspection supplémentaire de la flotte, comme cela avait été le cas après des événements similaires chez d'autres transporteurs.