Un appareil long-courrier de Lufthansa a connu une avarie mécanique spectaculaire mais sans gravité pour les occupants, ce mercredi 4 juin, sur l'aéroport de Francfort (Allemagne). Le train d'atterrissage avant d'un Boeing 787 s'est brutalement affaissé, provoquant l'inclinaison de l'appareil sur le tarmac.

Les faits se sont déroulés en début de journée, alors que l'avion, qui venait d'atterrir, roulait vers son point de stationnement. Sous l'effet de la rupture ou du désengagement soudain de la jambe de train avant, le nez du biréacteur a plongé vers le sol, soulevant la queue de l'appareil. Aucun blessé n'est à déplorer parmi les passagers, les membres d'équipage ou le personnel au sol.

Un mois de juin marqué par d'autres incidents

Cet incident intervient dans un contexte où le constructeur américain Boeing reste sous étroite surveillance des autorités de régulation aéronautique. Ces derniers mois, plusieurs incidents techniques impliquant des appareils de la famille 787 ont été signalés, sans qu'un lien de cause à effet systématique soit établi. L'Agence de sécurité aérienne de l'Union européenne (EASA) et l'Administration fédérale de l'aviation américaine (FAA) suivent ces événements avec attention.

Pour Lufthansa, cet épisode s'ajoute à une série de déboires techniques récents. La compagnie allemande, l'une des plus importantes d'Europe, a connu plusieurs incidents sur ses flottes long-courriers ces derniers mois, dont un atterrissage d'urgence d'un Airbus A340 en mars dernier en raison d'une panne moteur, et un retour à l'aéroport de Munich pour un Boeing 747-400 après le décollage en février, là encore pour un problème moteur.

L'enquête en cours

Les autorités aéroportuaires et la compagnie ont immédiatement mis en place une procédure de sécurité. L'appareil a été isolé sur une zone technique et des vérifications approfondies sont en cours pour déterminer l'origine de l'affaissement du train avant. Les pistes techniques incluent une possible défaillance hydraulique, un problème électrique au niveau du système de commande du train, ou encore une rupture mécanique.

Une équipe d'enquêteurs de la sécurité aérienne allemande (BFE) s'est rendue sur place pour examiner l'épave et recueillir les enregistrements de bord. L'avion, un Boeing 787-9 immatriculé D-ABPD, était en service depuis environ six ans. Il effectuait un vol régulier au départ de Newark (États-Unis) à destination de Francfort. Les passagers ont été débarqués et pris en charge par la compagnie, qui a mis en place des vols de remplacement.

Des conséquences opérationnelles limitées

L'incident n'a pas entraîné de fermeture complète de l'aéroport, l'un des plus fréquentés d'Europe. Le trafic a été légèrement perturbé sur la piste concernée, mais les opérations ont repris normalement dans l'après-midi. L'appareil accidenté restera immobilisé au sol pour une durée indéterminée, le temps que les réparations soient effectuées.

Pour Boeing, cet incident relance les interrogations sur la fiabilité des systèmes de trains d'atterrissage, un élément crucial pour la sécurité des vols. Le 787 Dreamliner a déjà connu des problèmes de fiabilité sur d'autres systèmes (batteries lithium-ion, commandes électriques), mais les incidents spécifiques au train d'atterrissage restent rares. Le précédent le plus marquant remonte à juillet 2023, lorsqu'un 787 de la compagnie United Airlines avait vu son train avant céder à l'atterrissage à Houston.

En attendant les conclusions de l'enquête, Lufthansa a indiqué qu'elle coopérait pleinement avec les autorités et qu'elle procéderait à des inspections supplémentaires sur sa flotte de 787 si nécessaire. L'entreprise a également réaffirmé son engagement à maintenir les plus hauts standards de sécurité pour ses passagers.