Un bilan comptable florissant
Sous la houlette de Gianni Infantino, élu le 26 février 2016 lors d'un congrès extraordinaire de la FIFA, l'instance dirigeante du football mondial a profondément transformé son modèle économique. Les recettes ont bondi, portées par une politique commerciale agressive. La Coupe du monde 2022 au Qatar a généré un chiffre d'affaires record, et les perspectives pour le Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s'annoncent tout aussi prometteuses. La FIFA a su attirer des sponsors puissants et étendre ses droits de diffusion, consolidant ainsi sa trésorerie.
Une concentration des pouvoirs
Ce succès financier s'accompagne d'une nette concentration du pouvoir entre les mains du président. Infantino a renforcé le poids du secrétariat général et du comité exécutif, marginalisant les fédérations nationales dans les processus de décision stratégique. Plusieurs anciens membres du Conseil de la FIFA ont exprimé leurs craintes de voir l'institution fonctionner dans l'opacité, sans véritable contre-pouvoir. « Personne ne discute plus les décisions du président », a confié sous couvert d'anonymat un dirigeant d'une fédération européenne.
Des choix contestés
L'époque Infantino est aussi marquée par des décisions qui divisent profondément les acteurs du football. L'organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar, premier Mondial d'hiver de l'histoire, avait déjà suscité des débats houleux sur les conditions de travail des ouvriers migrants et les températures estivales. Plus récemment, le projet de Mondial biennal – avorté face à l'opposition des ligues et des clubs – a montré que le président n'hésite pas à bouleverser le calendrier international.
Le cas de la Fédération française
Sur le plan institutionnel, Infantino a dû gérer des crises internes. La Fédération française de football (FFF) s'est retrouvée sous la menace d'une suspension de la part de la FIFA en raison d'ingérences politiques présumées. L'affaire a été résolue après que la ministre des Sports de l'époque a accepté de se conformer aux statuts de l'instance mondiale. Cet épisode illustre la volonté du président de maintenir l'indépendance des fédérations vis-à-vis des pouvoirs publics.
Une image contrastée
Dans l'opinion publique, le président de la FIFA reste une figure clivante. Ses détracteurs lui reprochent son train de vie somptuaire, ses voyages en jet privé et l'absence de transparence sur ses revenus. Ses partisans, en revanche, lui attribuent le retour de la crédibilité financière après les scandales de corruption qui ont éclaboussé ses prédécesseurs, notamment Sepp Blatter. Le passage de 32 à 48 équipes pour la Coupe du monde, décidé sous son mandat, est perçu comme une ouverture vers de nouvelles nations.
Cap sur 2026
À un an du coup d'envoi du Mondial nord-américain, Gianni Infantino se prépare à vivre le premier tournoi à 48 équipes. La compétition promet d'être la plus lucrative de l'histoire. Les observateurs estiment que le président va tout mettre en œuvre pour en faire un succès sportif et commercial. « Ce Mondial sera la vitrine de son mandat », analyse un consultant en marketing sportif. Reste à savoir si les critiques sur sa gouvernance parviendront à entamer sa légitimité, alors que la campagne pour la réélection à la présidence de la FIFA, prévue en 2027, se profile.