Une progression notable des acteurs chinois

Dans le secteur très concurrentiel de l'intelligence artificielle, les modèles provenant de Chine grignotent des parts de marché face à leurs rivaux américains. C'est le constat dressé par John Plassard, spécialiste des marchés financiers, dans une intervention diffusée le 22 juin sur une chaîne d'information économique. Selon son analyse, les entreprises chinoises d'IA gagnent du terrain, notamment dans le domaine des grands modèles de langage, ces algorithmes capables de comprendre et de générer du texte.

Un contexte de rivalité technologique

Cette évolution s'inscrit dans le cadre plus large de la compétition technologique entre Pékin et Washington. Les États-Unis ont imposé ces dernières années plusieurs restrictions à l'exportation de puces avancées et de technologies d'IA vers la Chine, visant à freiner sa progression. Malgré ces entraves, les entreprises chinoises ont développé des alternatives, parfois plus performantes ou moins coûteuses que les modèles américains les plus connus.

Des performances en hausse

Plusieurs modèles chinois se sont distingués ces derniers mois par leurs capacités. DeepSeek, une start-up basée à Hangzhou, a notamment marqué les esprits en début d'année en proposant un assistant conversationnel dont les performances rivalisaient avec celles des meilleurs modèles occidentaux, pour un coût de développement bien inférieur. D'autres acteurs comme Alibaba, Baidu ou ByteDance, la maison mère de TikTok, ont également lancé leurs propres systèmes d'IA générative, consolidant l'offre chinoise.

Des parts de marché en croissance

L'analyse de John Plassard fait état d'une progression des parts de marché des modèles chinois, tant sur le plan national qu'international. En Chine, l'utilisation des IA locales est encouragée par les autorités, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des services publics. À l'international, certaines entreprises asiatiques et africaines se tournent vers ces solutions, souvent moins onéreuses et adaptées à des contextes linguistiques variés.

Une bataille pour l'innovation

La course à l'innovation en matière d'IA ne se limite pas aux modèles de langage. Les entreprises chinoises investissent massivement dans la recherche et le développement, avec le soutien de l'État, qui a fait de l'intelligence artificielle une priorité nationale. Pékin ambitionne de devenir le leader mondial de ce secteur d'ici à 2030. Les américains, menés par des groupes comme OpenAI, Google et Meta, conservent pour l'instant une avance technologique, mais celle-ci se réduit.

Des enjeux économiques et géopolitiques

Au-delà de la compétition commerciale, la domination de l'IA est devenue un enjeu stratégique majeur. Les applications de l'intelligence artificielle touchent des domaines aussi variés que la défense, la cybersécurité, la santé ou encore les transports. La capacité d'un pays à développer ses propres modèles, sans dépendre de technologies étrangères, est perçue comme un élément clé de sa souveraineté numérique.

Les récentes sanctions américaines contre des entreprises chinoises, notamment dans le secteur des semi-conducteurs, n'ont pas freiné l'élan des développeurs chinois. Au contraire, elles ont accéléré les efforts d'autonomisation technologique, poussant les entreprises locales à innover pour contourner les limitations imposées.

Une tendance à suivre

L'analyse de John Plassard souligne que la progression des modèles chinois n'est pas un phénomène ponctuel, mais s'inscrit dans une tendance de fond. Selon lui, les investissements massifs réalisés par la Chine dans l'IA, couplés à une main-d'œuvre nombreuse et qualifiée, devraient permettre à ses entreprises de continuer à gagner des parts de marché, tant dans les modèles de langage que dans d'autres domaines de l'intelligence artificielle.

Les prochains mois seront décisifs pour observer comment les acteurs américains réagiront à cette montée en puissance, et si les restrictions technologiques actuelles suffiront à maintenir leur avance.