La cour d'appel iranienne a confirmé la condamnation à un an de prison du cinéaste Jafar Panahi, a fait savoir son avocat dimanche 7 juin. Le réalisateur, figure de la contestation, avait été jugé par contumace en décembre dernier pour « propagande » contre le régime.

Le tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidé par le magistrat Iman Afshari, a rejeté l'appel déposé par la défense. Le juge Afshari est connu pour avoir prononcé de lourdes peines contre des opposants et figure sur la liste des sanctions de l'Union européenne.

Outre la peine d'emprisonnement, Jafar Panahi se voit interdire de quitter le territoire iranien pendant deux ans, a précisé Me Mostafa Nilli, cité par le quotidien Etemad. Les charges retenues contre le réalisateur incluent la réalisation d'un film clandestin jugé critique envers les autorités, son soutien à des dissidents et prisonniers politiques, ainsi que son appui au mouvement de protestation « Femme, Vie, Liberté », né après la mort de Mahsa Amini en 2022.

Un retour contesté

Âgé de 65 ans, Jafar Panahi était rentré en Iran le 30 mars, malgré la condamnation prononcée en son absence, en pleine guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre la République islamique, selon l'agence Isna. Le cinéaste avait déjà été incarcéré à deux reprises : 86 jours en 2010, puis sept mois entre 2022 et 2023, peine qu'il avait notamment purgée après une grève de la faim.

Une carrière couronnée à l'international

Palme d'or au festival de Cannes en 2025 pour son long-métrage « Un simple accident », tourné clandestinement, Jafar Panahi avait également reçu l'Ours d'or à Berlin en 2015 pour « Taxi Téhéran ». Il s'était élevé en janvier contre la répression des manifestations antigouvernementales, qui a fait des milliers de morts selon des organisations non gouvernementales.

Son film primé à Cannes raconte l'histoire de cinq Iraniens victimes de la brutalité et de l'arbitraire de la République islamique, persuadés d'avoir mis la main sur l'un de leurs anciens geôliers. La condamnation de Panahi intervient dans un contexte de répression accrue des voix dissidentes en Iran.