Les violences ont embrasé Belfast dans la nuit de mardi à mercredi, en réaction à une agression au couteau perpétrée quelques jours plus tôt par un homme d’origine soudanaise. Plusieurs quartiers de la capitale nord-irlandaise ont été le théâtre de scènes de guérilla urbaine, avec des projectiles incendiaires lancés contre les forces de l’ordre et des bâtiments réduits en cendres.

Selon des témoignages, des centaines de personnes, pour certaines masquées, ont dégradé le mobilier urbain, incendié des véhicules et des magasins, et mis le feu à des maisons où résidaient des familles issues de minorités ethniques. L’autoroute M1 a été bloquée durant la manifestation, entraînant d’importants ralentissements.

L’attaque à l’origine des tensions Les événements font suite à une agression au couteau particulièrement violente. La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a été grièvement blessée aux yeux, au cou et au dos, certains évoquant une tentative de décapitation. L’auteur présumé, un ressortissant soudanais, était arrivé au Royaume-Uni en 2023 après avoir transité par Paris et Dublin, bénéficiant du « Common Travel Area » pour obtenir l’asile sous le précédent gouvernement conservateur. Son droit de séjour était valable jusqu’en 2028.

Cette affaire a relancé les critiques sur la politique migratoire du pays, dans un climat déjà tendu après la mort d’Henry Nowak à Southampton en décembre 2025, dont les circonstances ont récemment été clarifiées.

La réaction des autorités La Première ministre d’Irlande du Nord, Michelle O’Neill, a qualifié ces actes de « lâcheté dégoûtante » et de comportements « carrément voyous ». Elle a condamné fermement les violences, appelant au calme. Les forces de l’ordre ont été déployées en nombre pour tenter de rétablir l’ordre.

Un contexte politique fragile Ces émeutes surviennent alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer est fragilisé politiquement, des rumeurs de départ prochain circulant. Le parti anti-immigration Reform UK, mené par Nigel Farage, caracole en tête des sondages. Farage a appelé les Britanniques à réagir à la mort d’Henry Nowak avec « une colère froide, pure ». Par ailleurs, l’extrême droite se divise avec l’émergence du parti Restore Britain, porté par Rupert Lowe.

Les réseaux sociaux sont pointés du doigt pour leur rôle dans l’amplification des appels à la violence, comme lors des émeutes de l’été 2024. Elon Musk, bien que préoccupé par l’introduction en Bourse de SpaceX, a également été critiqué pour ses prises de position.

Une immigration en baisse mais polémique Malgré une réduction significative de l’immigration nette légale depuis 2024 – certains experts n’excluant pas un solde négatif à court terme – et une baisse de 38 % des traversées de la Manche en 2026, le nombre de demandeurs d’asile reste élevé, avec environ 100 000 demandes par an. Ces chiffres n’apaisent pas les tensions, attisées par des discours populistes.