À vingt-quatre heures de la parade du 14-Juillet, les forces aériennes françaises ont achevé leur ultime répétition générale dans le ciel de la région parisienne. Des appareils de tous types – Rafale, hélicoptères Tigre, avions de transport – ont survolé la capitale lors d’un entraînement destiné à régler la chorégraphie du défilé.
Le scénario prévoit une centaine d’aéronefs et près de 300 véhicules terrestres sur les Champs-Élysées. Pour les pilotes, le respect du timing est primordial. « Une exigence de précision de trois secondes », résume un officier navigant interrogé lors des préparatifs. Chaque escadrille doit passer au-dessus de la tribune présidentielle à l’instant exact fixé par le plan de vol.
Un entraînement entre Chartres et Paris
Les hélicoptères d’attaque Tigre, issus de la coopération franco-allemande, faisaient partie des éléments les plus attendus. Leur répétition s’est déroulée sur l’axe reliant Chartres à la capitale. Ces appareils figurent parmi les plus redoutables de l’aviation légère de l’armée de Terre. Quatre d’entre eux viennent d’ailleurs de participer à une mission au Moyen-Orient, où ils ont détruit plusieurs drones Shahed iraniens qui ciblaient les États du Golfe.
Un journaliste embarqué à bord d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2 a pu observer la coordination entre les différents vecteurs. « On est filmé de tous les côtés, il faut vraiment que ce soit aligné », confie un membre d’équipage. Les caméras embarquées et les capteurs au sol permettent de vérifier la position de chaque appareil en temps réel.
Des répétitions au sol et dans les airs
Parallèlement aux vols d’entraînement, les troupes au sol ont peaufiné leur défilé à Brétigny-sur-Orge ainsi que directement sur les Champs-Élysées. Sapeurs-pompiers de Paris et marins-pompiers de Marseille ont été chaleureusement applaudis lors de leur passage d’essai. La foule présente a également salué les unités de forces spéciales, les plongeurs-démineurs et les soldats étrangers invités cette année.
Un spectacle de drones lumineux, répété la veille, a offert un avant-goût des festivités nocturnes. Des centaines d’appareils ont dessiné dans le ciel des motifs colorés, évoquant des étoiles filantes.
Un dernier défilé pour le président Macron
Cette édition du 14-Juillet revêt un caractère particulier, puisqu’il s’agit du dernier défilé présidé par Emmanuel Macron avant la fin de son mandat. La veille, lors de son discours aux armées à l’hôtel de Brienne, le chef de l’État a appelé à poursuivre les projets européens de défense et à ne pas céder au « nationaliste ». Il a également salué l’engagement des forces françaises, prêtes à défendre « la liberté et le droit, au prix du sang s’il le faut ».
Le défilé proprement dit doit commencer à 10 heures, mardi, sur la plus célèbre avenue du monde. Il sera retransmis en direct par plusieurs chaînes de télévision. Les organisateurs espèrent une météo clémente, après un week-end marqué par une canicule et des incendies en Île-de-France.
Avec cette ultime répétition, les militaires ont mis toutes les chances de leur côté pour que le spectacle soit à la hauteur de la tradition. « C’est mon premier défilé, c’est une pression et un immense honneur », témoigne un caporal qui défilera pour la première fois.